1. Rodéo
2. Matador
3. Le sixième sens
4. Réveille-toi
5. La mort du peuple
6. Quand on avait 7 ou 8 ans
7. Il faut toujours viser la tête
8. Sparadrap
9. Compte pas sur moi
10. Les mots
11. Le tube de l'été
12. La chasse à la vipère
13. Les lumières dans la plaine
14. Une nuit à la Terre-plate
Et
de quatre pour Mickey 3D que l'on attendait au tournant après
leur (involontaire) succès médiatique. "Examen"
réussi : Matador est l'excellent album que l'on espérait.
Avec ce quatrième album studio (auquel il faut ajouter
un Live à Saint Etienne d'anthologie), on pouvait imaginer
Mickey 3D à l'abri de toute forme d'angoisse existentielle.
Pourtant, Matador arrive au plus mauvais (ou au meilleur) moment
de la carrière du groupe : celui où il faut assumer
un succès aussi énorme qu'inattendu qui doit autant
aux circonstances (J'ai demandé à la lune, je
m'appelle Jane, Johnny Rep) qu'au talent pur (Tu vas pas mourir
de rire). Si bien que ce nouveau disque prend le risque de souffrir
du syndrome de la confirmation (comme on parle du syndrome du
deuxième album).
Mais que l'on se rassure, le trio n'est pas du genre à
se laisser griser par les projecteurs des plateaux de télé,
ni par les statuettes attribuées par les "professionnels
de la profession". Leur truc à eux, c'est plutôt
les tournées interminables et les retraites studieuses
à Montbrison, dans les monts du Forez. C'est ainsi que
sont nées, à l'été 2004, les 13
chansons (plus un instrumental, Une nuit à Terre-plate)
qui composent aujourd'hui Matador. Notes jetées au fil
du temps, guitare sèche et boîte à rythme
sont alors les seules compagnes de création de Mickaël
Furnon qui partagera bientôt sa moisson avec ses deux
acolytes dans le petit studio d'Ecotay-l'Olme.
Et le résultat est à la hauteur des espérances.
Fidèles à leurs principes, les Mickey 3D alternent
pop tantôt désabusée (Le sixième
sens, Quand on avait 7 ou 8 ans), tantôt joueuse (Le tube
de l'été, Rodéo) et titres plus rock, plus
tendus, plus incisifs (Matador, Il faut toujours viser la tête,
Compte pas sur moi, Les mots). Mais surtout, Mickaël Furnon
ne transige jamais avec la qualité de ses textes qui,
s'ils se font plus légers, plus subtilement cyniques,
n'en traquent pas moins avec la même acuité les
signes du dysfonctionnement de notre société,
avec "cet éternel regard d'enfant qui connaît
la vie", comme il le dit lui même.
Quatorze titres, donc, et autant de banderilles piquées
sans trembler par un digne et élégant Matador
qui mérite sans conteste les deux oreilles et la queue
d'un triomphe annoncé. En espérant que ces trois-là
continuent leur tournée des arènes sans jamais
se croire obligés d'enfiler les habits de lumières
clinquants auxquels d'autres ont succombé avant eux…