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     MuSiQueS
 
MICKEY 3D
Matador
(Virgin - 2005)

1. Rodéo
2. Matador
3. Le sixième sens
4. Réveille-toi
5. La mort du peuple
6. Quand on avait 7 ou 8 ans
7. Il faut toujours viser la tête
8. Sparadrap
9. Compte pas sur moi
10. Les mots
11. Le tube de l'été
12. La chasse à la vipère
13. Les lumières dans la plaine
14. Une nuit à la Terre-plate
Et de quatre pour Mickey 3D que l'on attendait au tournant après leur (involontaire) succès médiatique. "Examen" réussi : Matador est l'excellent album que l'on espérait.


Avec ce quatrième album studio (auquel il faut ajouter un Live à Saint Etienne d'anthologie), on pouvait imaginer Mickey 3D à l'abri de toute forme d'angoisse existentielle. Pourtant, Matador arrive au plus mauvais (ou au meilleur) moment de la carrière du groupe : celui où il faut assumer un succès aussi énorme qu'inattendu qui doit autant aux circonstances (J'ai demandé à la lune, je m'appelle Jane, Johnny Rep) qu'au talent pur (Tu vas pas mourir de rire). Si bien que ce nouveau disque prend le risque de souffrir du syndrome de la confirmation (comme on parle du syndrome du deuxième album).

Mais que l'on se rassure, le trio n'est pas du genre à se laisser griser par les projecteurs des plateaux de télé, ni par les statuettes attribuées par les "professionnels de la profession". Leur truc à eux, c'est plutôt les tournées interminables et les retraites studieuses à Montbrison, dans les monts du Forez. C'est ainsi que sont nées, à l'été 2004, les 13 chansons (plus un instrumental, Une nuit à Terre-plate) qui composent aujourd'hui Matador. Notes jetées au fil du temps, guitare sèche et boîte à rythme sont alors les seules compagnes de création de Mickaël Furnon qui partagera bientôt sa moisson avec ses deux acolytes dans le petit studio d'Ecotay-l'Olme.

Et le résultat est à la hauteur des espérances. Fidèles à leurs principes, les Mickey 3D alternent pop tantôt désabusée (Le sixième sens, Quand on avait 7 ou 8 ans), tantôt joueuse (Le tube de l'été, Rodéo) et titres plus rock, plus tendus, plus incisifs (Matador, Il faut toujours viser la tête, Compte pas sur moi, Les mots). Mais surtout, Mickaël Furnon ne transige jamais avec la qualité de ses textes qui, s'ils se font plus légers, plus subtilement cyniques, n'en traquent pas moins avec la même acuité les signes du dysfonctionnement de notre société, avec "cet éternel regard d'enfant qui connaît la vie", comme il le dit lui même.

Quatorze titres, donc, et autant de banderilles piquées sans trembler par un digne et élégant Matador qui mérite sans conteste les deux oreilles et la queue d'un triomphe annoncé. En espérant que ces trois-là continuent leur tournée des arènes sans jamais se croire obligés d'enfiler les habits de lumières clinquants auxquels d'autres ont succombé avant eux…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Juin 2005



Site officiel : www.mickey3d.com
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