1. Hotel intro
2. Raining again
3. Beautiful
4. Lift me up
5. Where you end
6. Temptation
7. Spiders
8. Dream about me
9. Very
10. I like it
11. Love should
12. Slipping away
13. Forever
14. Homeward angel
Divine
surprise avec ce nouvel album de Moby. Hotel fait la preuve
que Richard Hall n’est pas seulement un bidouilleur de
génie, c’est aussi un compositeur pop de talent.
A force de le voir triompher partout dans le monde et transformer
en or tout ce qu’il touche, on en arriverait presque à
plaindre Richard Hall, dit Moby, ainsi baptisé en hommage
à son ancêtre Herman Melville, auteur du fameux…
Moby Dick ! Première star de la techno dans les années
90, compositeur recherché par le cinéma, c’est
à partir de 1999 qu’il a vraiment tutoyé
les étoiles avec son album Play, vendu à plus
de 10 millions d’exemplaires ! Depuis il a récidivé
avec 18, en 2002, et travaillé activement à l’échec
de George W. lors de l’élection présidentielle
américaine de 2004… avec l’(in)succès
que l’on connaît.
Retour donc à la case musique avec Hotel qui voit Moby
prendre aussi la parole (il chante) pour un neuvième
album aussi minimaliste qu’éblouissant. Minimaliste
parce qu’enregistré à la maison avec la
seule Laura Brown au chant sur quelques titres (Temptation,
I like it, Dream about me) et Scott Frassetto à la batterie.
Pour le reste, pas de samples ni d’arrangements sophistiqués,
juste une belle collection de chansons pop, encadrées
par deux instrumentaux (Hotel intro et Homeward angel), que
l’on a envie de ranger quelque part entre les derniers
albums de David Bowie
(auquel est dédié le splendide Spiders) et de
New Order (dont
il reprend un peu trop mollement le Temptation déjà
cité).
Rien d’étonnant, d’ailleurs, de retrouver
ces sonorités tant Moby avoue aisément le culte
qu’il voue à ces artistes et à quelques
autres (Joy Division, naturellement, mais aussi Echo and the
Bunnymen ou Killing Joke). Mais il ne perd pas non plus le fil
de son récent engagement politique en portant un soin
particulier au choix de ses thèmes. Ainsi Lift Me Up,
sans doute le titre le plus envoûtant de l’album,
dénonce la vague de fondamentalisme religieux qui submerge
le monde de Bagdad à Washington ; Beautiful stigmatise
l’attrait du public pour la vie des stars ; I like it
envoûte avec son slow chaud, sexué et dénudé…
Ajoutez un Love should potentiellement énorme et un Slipping
away irrésistible (que l’on verrait bien intégrer
le répertoire de Bowie, toujours lui), et vous avez toutes
les raisons de considérer que Moby a accouché
d’un "classique" pop mélodique qui n’arrivera
peut-être pas jusqu’au grand public, mais servira
longtemps de point de repère discographique quand il
s’agira de retracer les moments importants de 2005. Et
prouvera accessoirement qu’il n’est pas seulement
un bidouilleur de génie, mais aussi un musicien de talent…