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     MuSiQueS
 
MOBY
Hotel
(Labels - 2005)

1. Hotel intro
2. Raining again
3. Beautiful
4. Lift me up
5. Where you end
6. Temptation
7. Spiders
8. Dream about me
9. Very
10. I like it
11. Love should
12. Slipping away
13. Forever
14. Homeward angel
Divine surprise avec ce nouvel album de Moby. Hotel fait la preuve que Richard Hall n’est pas seulement un bidouilleur de génie, c’est aussi un compositeur pop de talent.


A force de le voir triompher partout dans le monde et transformer en or tout ce qu’il touche, on en arriverait presque à plaindre Richard Hall, dit Moby, ainsi baptisé en hommage à son ancêtre Herman Melville, auteur du fameux… Moby Dick ! Première star de la techno dans les années 90, compositeur recherché par le cinéma, c’est à partir de 1999 qu’il a vraiment tutoyé les étoiles avec son album Play, vendu à plus de 10 millions d’exemplaires ! Depuis il a récidivé avec 18, en 2002, et travaillé activement à l’échec de George W. lors de l’élection présidentielle américaine de 2004… avec l’(in)succès que l’on connaît.

Retour donc à la case musique avec Hotel qui voit Moby prendre aussi la parole (il chante) pour un neuvième album aussi minimaliste qu’éblouissant. Minimaliste parce qu’enregistré à la maison avec la seule Laura Brown au chant sur quelques titres (Temptation, I like it, Dream about me) et Scott Frassetto à la batterie. Pour le reste, pas de samples ni d’arrangements sophistiqués, juste une belle collection de chansons pop, encadrées par deux instrumentaux (Hotel intro et Homeward angel), que l’on a envie de ranger quelque part entre les derniers albums de David Bowie (auquel est dédié le splendide Spiders) et de New Order (dont il reprend un peu trop mollement le Temptation déjà cité).

Rien d’étonnant, d’ailleurs, de retrouver ces sonorités tant Moby avoue aisément le culte qu’il voue à ces artistes et à quelques autres (Joy Division, naturellement, mais aussi Echo and the Bunnymen ou Killing Joke). Mais il ne perd pas non plus le fil de son récent engagement politique en portant un soin particulier au choix de ses thèmes. Ainsi Lift Me Up, sans doute le titre le plus envoûtant de l’album, dénonce la vague de fondamentalisme religieux qui submerge le monde de Bagdad à Washington ; Beautiful stigmatise l’attrait du public pour la vie des stars ; I like it envoûte avec son slow chaud, sexué et dénudé…

Ajoutez un Love should potentiellement énorme et un Slipping away irrésistible (que l’on verrait bien intégrer le répertoire de Bowie, toujours lui), et vous avez toutes les raisons de considérer que Moby a accouché d’un "classique" pop mélodique qui n’arrivera peut-être pas jusqu’au grand public, mais servira longtemps de point de repère discographique quand il s’agira de retracer les moments importants de 2005. Et prouvera accessoirement qu’il n’est pas seulement un bidouilleur de génie, mais aussi un musicien de talent…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Avril 2005
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