MOGWAI
Zidane, a 21st century portrait
(Pias - 2006)
1. Black spider
2. Terrific speech 2
3. Wake up and go Berserk
4. Terrific speech
5. 7:25
6. Half time
7. I do have weapons
8. Time and half
9. It would have happened anyway
10. Black spider 2
La
bande-son du film sur Zidane réalisé par les plasticiens
Philippe Parreno et Douglas Gordon sort en CD. L’occasion de
parler enfin football dans la rubrique musique !
23 avril 2005, Madrid, stade Santiago Bernabeu : quatre-vingt-dix
minutes durant, Philippe Parreno et Douglas Gordon filment Zinédine
Zidane en plan serré durant le match au cours duquel son équipe
(Real Madrid) affronte celle de Villaréal pour le compte du
championnat d’Espagne. Jusqu’à son expulsion, à
la dernière minute de la rencontre, comme une répétition
grandeur réelle du dernier match de sa carrière, un
an plus tard, le 9 juillet 2006 à Berlin, en finale de la Coupe
du Monde.
Mais si dans les deux cas les caméras disposées autour
du terrain ont joué un rôle crucial, deux différences
fondamentales les distinguent.
La première est dans la prestation du héros de la soirée.
Aussi vif, tranchant et talentueux cet été qu’il
avait été poussif un an auparavant, Zinédine
Zidane a transformé en véritable œuvre d’art
à la dramaturgie paroxystique ce qui ne devait être au
départ qu’un match de foot de plus. L’imprévisibilité
des artistes…
La seconde est dans l’habillage musical de la prestation filmée.
Si le mauvais goût affiché (voire revendiqué)
est l’apanage des grand-messes populaires quadriennales, Parreno
et Gordon avaient, eux, pris soin de confier leur bande-son aux esthètes
Ecossais de Mogwai.
Las, déjà franchement pas gais en configuration de routine
(encore que leur dernier album, Mr
Beast, paru en début d’année sonnait comme
un retour à la vie prometteur), le quintet emmené par
Barry Burns (clavier, guitare) et Stuart Braithwaite (guitare) semble
toucher ici le fonds du gouffre dépressif.
A leur décharge, il faut reconnaître que ZZ ne pouvait
guère prétendre susciter, à l’époque,
un enthousiasme créatif contagieux. A cours de forme et de
motivation, il se traînait pitoyablement sur tous les terrains
d’Europe à la poursuite vaine - croyait-on - de ses fulgurances
passées.
Trompés par tant de lassitude et d’impuissance affichées,
Mogwai a composé pour l’occasion un superbe album de
chants du cygne dont la beauté pure le dispute à la
tristesse insondable de fans assistant à l’agonie de
leur idole. Atmosphères plombées, piano sépulcral,
mélodies en sourdine… chaque titre est une oraison funèbre
composée, semble-t-il, pour accompagner la dépouille
sportive d’un artiste unique.
Si l’album est de saison, on regrette tout de même que
Philippe Parreno et Douglas Gordon n’aient pas attendu le Mondial
en Allemagne pour mettre leur projet à exécution : on
aurait tellement aimé entendre Mogwai composer des airs de
samba !