"Le
nouveau rock’n’roll français" sort enfin de
sa sphère exclusivement parisienne et nombriliste pour conquérir
le monde. Pierres angulaires, avec les Parisians, de cette mouvance
autant esthétique que musicale, les Naast s’en tirent
comme des chefs avec ce magnifique Mauvais garçon.
Inutile de vous dire que ce single inaugural n’est disponible
qu’en 45 tours ! C’est que ces jeunes gens jouent la carte
rétro à fond la caisse : outre ce parti pris vinylique,
ils maltraitent des guitares Eko antiques, battent le pavé
dans d’immémoriales Chelsea boots, que n’auraient
point reniées les Beatles, et citent Count Five ou les Small
Faces à qui mieux-mieux. Passéistes ? Réacs’,
les rejetons français des Strokes ? Ca se défend. Malgré
tout, ce qui est certain, c’est que ce titre est une bombe absolue
! Sans doute le titre français le mieux troussé de l’année,
avec le Soulève-moi d’Elli
Medeiros…
Gustave, le chanteur-Apollon, démarre ainsi : "Miroir,
mon beau miroir, dis-moi que je suis la plus belle !" d’une
voix machiavélique, digne des plus grandes heures des Olivensteins
ou des Dogs de Rouen. On pense aussi à Asphalt Jungle, à
l’écoute de ces guitares roboratives, et de cet orgue
trituré par l’inénarrable Clod. Mais, pour tout
dire, les petits gars de Joinville, déjà un cran au
dessus de la mêlée "nouvelle scène parisienne",
n’ont rien a envié à leurs glorieux aînés.
Balancer ça, à dix-huit ans à peine, on n’en
donnait pas tant…
La face B, quant à elle, ne présente aucun intérêt,
étant la version instrumentale du titre-phare qui, sans le
chant de Gustave, perd un des éléments qui font tout
son sel. Toutefois, les Naast livrent une belle promesse, et feront
sans doute des émules… partout en France, cette fois.