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     MuSiQueS
 
NADA SURF
Let go
(Labels - 2002)

1 - Blizzard of '77
2 - The way you wear your head
3 - Fruit fly
4 - Blonde on blonde
5 - Inside of love
6 - Hi-speed soul
7 - No quick fix
8 - Killian's red
9 - Là pour ça
10 - Happy kid
11 - Treading water
12 - Paper boats
13 - Run
14 - Neither heaven nor space
15 - End credits
Troisième album seulement pour le trio new yorkais, ce qui est peu, vous l’avouerez, pour un groupe créé en 1993. Les raisons de cette faible productivité ? Pas le manque d’inspiration ni le dilettantisme : chacun de leurs albums est plein jusqu’à la gueule (encore 15 titres sur celui-ci) et ils passent le plus clair de leur temps sur les routes, de concert en concert. Non, ce sont plutôt dans les interminables déboires avec leur maison de disque qu’il faut chercher quelque explication à cette discographie maigrichonne.

Mais laissons cela de côté pour nous concentrer sur l’essentiel : un nouveau disque tout à fait remarquable qui place Nada Surf bien au-dessus du tout venant de ses congénères de la mouvance pop-rock.

Pour tout dire, il semble que l’heure de la maturité ait sonné pour les américains. Let go est l’album de la trentaine et d’un talent qui n’a plus besoin de bruit et de fureur pour s’exprimer. Texte, mélodie, ici, chaque chanson est façonnée et peaufinée jusqu’à atteindre la perfection. Mais attention, pas de plastoc ni de matières synthétiques chez Nada Surf. Juste du naturel, de l’électrique à l’ancienne avec une production intelligente mais pas clinquante. Ca n’est sans doute d’ailleurs pas par hasard si Let Go s’ouvre sur Blizzard of ’77, titre acoustique sur lequel la voix de Matthew Caws se contente d’une guitare sèche pour seul ornement.

Du coup, c’est, sans hésiter, entre Coldplay (écoutez un peu Inside of love) et les Weezer (écoutez un peu tous les autres titres) que l’on va s’empresser de ranger Let go. Il est d’ailleurs souvent troublant, ce cousinage avec Weezer. Au-delà d’une collaboration fructueuse avec Ric Ocasek, il y a un indéniable air de famille entre les deux trios. Un peu comme si Nada Surf explorait la face adulte et la bande à Cuomo la face ado d’une même voie, comme on parle de voie quand il s’agit de gravir un beau massif montagneux. Impossible d’entendre Hi-speed soul ou No quick fix sans faire le lien avec l’autre cordée.

Difficile de dire si cet album de pur plaisir pop-rock sera enfin celui de la consécration pour ce groupe honteusement sous-estimé, mais les lecteurs de Jo Web’Zine n’auront, quant à eux, aucune excuse : on vous aura prévenu !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2002
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