1. Tout doux
2. Mon ami d’en haut
3. Ovale lune
4. Jean-Philippe
5. La grande Ourse
6. Jeune homme
7. Plus de sucre
8. Rengaine
9. Je mange mal
10. Mon vaudou
11. Enveloppe
12. Le consentement
Les
Innocents c’est fini. Orphelin de son groupe de lycée,
JP Nataf nous offre un premier album frais et parfumé,
un beau disque de printemps sympathique mais malheureusement
sans grande chanson.
Si le "plus" de la chanson titre se lit comme une
négation, l’expérience de ce premier enregistrement
solo fut pour JP Nataf la période la plus heureuse de
sa carrière. En effet, pour écrire Plus de sucre
l’ancien Innocent a pris son temps. Du temps à
partager avec d’anciens amis (Jean-Chri, Bertrand Bonello,
Dominique Ledudal) et pour en rencontrer de nouveaux (Albin
de la Simone), du temps pour trouver une nouvelle maison de
disque, du temps pour écrire et composer les douze morceaux
de ce nouvel album.
Toutefois, malgré quelques belles réussites telle
Mon ami d’en haut, étrange croisement entre Mathieu
Boogaerts pour les inflexions de voix des couplets et Paul McCartney
pour la légèreté d’un Heart of the
country, ce nouvel album peine à convaincre pleinement.
Une fois passé le stade des premières écoutes
où nos oreilles se laissent plus facilement flatter par
les structures alambiquées, les arrangements subtils
et de bon goût, qui font la marque de fabrique de JP Nataf,
on peine à retrouver les envolées mélodiques,
sinon la grâce, qui coloraient parfois les chansons des
Innocents.
Mais si l’absence de Jean-Christophe (l’alter ego
mélodique des Innos) se fait surtout cruellement sentir
dans la seconde partie du disque où l’on peut regretter
que des chansons plus faibles s’enchaînent sans
crier gare (le bien nommé Rengaine ou Je mange mal),
Plus de sucre contient suffisamment de bons moments pour mériter
que l’on s’y attarde.
Un premier effort au final un brin décevant mais qui
a le mérite de marier de façon subtile la pop
et la chanson sans que les morceaux apparaissent comme le fruit
d’un travail besogneux et scolaire (voir l’œuvre
de Cabrel) ou, à l’inverse, comme un exercice de
style prétentieux et pénible à la Jean
Bart.