Untitled Document
 

     MuSiQueS
 
LES NEGRESSES VERTES
Le Grand Déballage
(Virgin - 2002)
 
1 - La valse
2 - Zobi la mouche
3 - Voilà l’été
4 - Il
5 - L’homme des marais
6 - Famille heureuse
7 - Face à la mer
8 - Sous le soleil de Bodega
9 - Hou ! Mamma Mia
10 - Sang et nuit
11 - Après la pluie
12 - A quoi bon
13 - Mambo show
14 - Orane (en public)
15 - Le poète (en public)
16 - Leila
17 - Hasta llegar
18 - Les mégots
19 - Easy girls
20 - I love Paris
Voilà un disque qui porte vraiment bien son nom ! "Tout et n’importe quoi" aurait également été un bon titre. Et en même temps, tout ça est tellement caractéristique de ce groupe qui a eu le mauvais goût de ne pas changer de nom au soir du 21 janvier 1993, à la mort de Noël Rota, son chanteur-parolier emblématique.

Car il était indissociable de l’appellation Négresses Vertes, le Helno. C’est lui qui s’était pointé sur la scène du bal des pompiers en 1985, les cheveux teintés en vert pour lancer une break-dance tribale avec ses compères (dont faisait partie Stéphane Mellino, le guitariste) ; ça n’avait pas plu aux pompiers, qui les ont vite dégagés en les traitant de... "négresses vertes". C’était un type impressionnant, totalement habité, d’une présence unique et d’une créativité hors pair. Complètement en dehors du réel, inaccessible et camé jusqu’au trognon. J’avais eu l’occasion de le rencontrer après un concert des Pires, dans un bar près de l’Elysée Montmartre à l’époque : il marchait avec des béquilles et il était impensable d’entamer une discussion avec ce Shane McGowan de banlieue au regard délavé. Il y avait Manu Chao aussi ce soir-là, avec un bonnet péruvien. Mais il a mieux tourné, lui, depuis...

Bref, après deux albums extraordinaires, Helno est mort. Et les Négresses ont continué coûte que coûte, allant de remix en rabibochage, saccageant l’héritage, surexploitant le filon... Et à l’orée des vacances d’été, voilà qu’on nous en remet une lampée avec cette compilation sans queue ni tête, mélangeant l’extraordinaire au médiocre en pensant peut être en faire quelque chose de potable. Mais non. Par pitié, ne consommez pas ce salmigondis lourdingue. Si vous voulez découvrir les Négresses Vertes, les vraies, celles dignes de ce nom, achetez tout simplement Mlah (1989) et Famille nombreuse (1991). Et délectez vous. Deux diamants à l’état pur, à l’origine de plein de choses dans ce qu’on appelle le "rock français".

Combien de clones, combien d’ersatz, combien de copieurs ont pillé le sarcophage ! Une liste interminable s’accumule déjà dans ma tête rien que d’y penser et que je tairai par pudeur. Ces cuivres de fanfare, cet accordéon java, ces guitares romanichelles et cette voix si caractéristique, fragile et entraînante à la fois. Bon sang, je peux vous dire que sur scène c’était quelque chose ! Quelle allure ! Quelle fête ! Quel plaisir ! Et ces deux disques, je les ai écoutés cent fois, avec toujours la même ferveur, le même enthousiasme.

Les marchands du temple ont encore sévi. N’allez pas les engraisser. N’oubliez pas : les Négresses Vertes sont mortes le 21 janvier 1993. Mais elles ont laissé assez en deux disques pour que survive tout un style, toute une âme et tout un univers dans les cœurs des petits devenus grands et des grands devenus vieux.


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Juillet 2002



Sites : que ce soit www.negressesvertes.com (salle des ventes pilotée par Virgin et occultant totalement la "vraie" période des NV) ou www.lesnegressesvertes.fr.st (bordélique et interminable dans l’affichage), rien de bien excitant à se mettre sous la souris.
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés