1. Smells like teen spirit
2. In bloom
3. Come as you are
4. Breed
5. Lithium
6. Polly
7. Territorial pissings
8. Drain you
9. Lounge act
10. Stay away
11. On a plain
12. Something in the way
ET
TOUT LE MONDE SE MIT AU GRUNGE…
À l'occasion de l’anniversaire de la mort de Kurt
Cobain, retour sur un des albums les plus marquants des années
90, le bien nommé Nevermind.
Et tout le monde se mit au grunge. Sur un riff, sur un morceau,
sur un album. Nevermind fut le déclencheur de tout :
le retour au rock. Cet album a été ce qui manquait
à toute une jeunesse. Les années 60 avaient eu
pléthore de chanteurs protestataires, les seventies Iggy
et ses Stooges, Led Zep, les années 80 Joy Division,
Robert Smith et ses Cure : les années 90 auraient leur
porte étendard, leur leader.
Quand, en 1991, Smells like teen spirit déboule sur les
ondes, c’est une révélation pour toute une
génération. Les T-shirts Guns’n’Roses
(ceux-là ont-ils déjà fait du rock ?) sont
remplacés par ceux de Nirvana, Appetite for destruction
est remisé au placard et Nevermind squatte les platines.
En 1991, tout jeune qui se respecte possède ce Nervermind.
Kurt Cobain y parle du mal adolescent, avec violence, avec sincérité
et avec une véracité incroyable. Butch Vig aide
à mettre tout cela en musique. Et le public s’y
retrouve.
Après des années 80 où la cold-wave a régné
en maître avec un son édulcoré, chloroformé
et froid, retour à des valeurs plus brutales. Bien sûr,
les fabuleux Pixies avaient ouverts la voie quelques années
auparavant. Ces derniers, arrivés trop tôt, séparés,
n’ont jamais eu le succès qu’ils méritaient.
Heureusement, Nirvana est là pour reprendre le flambeau.
Et de proposer un rock total. Cobain hurle sa rage, son désespoir,
Dave Grohl martèle sa batterie, Dave Novoselic violente
sa basse. Et les tubes s’enchaînent.
Des tubes inoxydables. Pas ceux d’un été.
Non, les vrais tubes, ceux qu’on écoutera toujours
avec autant de plaisir dans 30 ans. Ceux qui resteront quand
la plupart des autres auront disparu.
Un album miraculeux
Smells like teen spirit est l’hymne de toute une génération.
Come as you are est intemporel et toujours aussi fascinant.
Territorial pissings est un titre punk d’un jouissif rarement
atteint, où Kurt Cobain part totalement en vrille, Lounge
act a cette basse incroyable, Stay away avec un Dave Grohl qui
fait montre de son immense talent. Et que dire de Something
in the way, balade magistrale qui clôt l’album,
chanson bien loin des standards ringards et sirupeux des pseudos
rockers de l’époque - prouvant, s’il était
besoin, que Nirvana ne se complaisait pas dans la facilité.
L’artwork parle autant que les chansons : ce gamin plongé
dans une piscine, tentant d’attraper un billet de 1$ pendu
à une canne à pèche. Image incroyable de
la gangrène qui est en train de bouffer la société
actuelle.
Le plus fascinant dans tout cela, c’est que douze ans
après, lorsque l’on réécoute cet
album, le même bonheur est là, présent.
On se sent concerné, on sait, et l’on se rend compte,
que l’on est face à un des albums du siècle,
un de ceux qui ont marqué à jamais, par leurs
textes et leurs musiques, toute une génération,
voire plus encore.
À la suite de cet album miraculeux, Nirvana enchaînera
avec un In utero sûrement supérieur. Il n’empêche,
Nevermind reste l’album qui aura remis le rock à
sa vraie place. Celle qu’il méritait et mérite
vraiment.
Kurt Cobain pourra bien, quelques années plus tard, se
balancer une bastos en pleine tête et laisser des millions
de fans en proie à une tristesse infinie, il aura réussi
son pari : celui de redonner foi à toute une génération
qui ne voyait pas d’un bon œil l’entrée
dans les années 90.
Et Nevermind d’être son testament.