1. With used furniture we make a tree
2. Aquarium
3. Chain of ifs
4. Between the buttons
5. Doppelganger
6. Canigo
7. Welcome back
8. Eifersucht
9. Savoy
10. Espresso girl
11. Rumspringa
12. Athens
DES
POUX DANS LES OREILLES
Pour leur trentième anniversaire, les sous-estimés
Nits sortent un album merveilleux de légèreté
et de liberté. Ils sont inclassables, mais ils sont indispensables.
Parce que Noël approche, nous avons décidé
de vous faire un beau cadeau : vous révéler l'un
des secrets les mieux cachés de la pop, les Poux. Ou
plutôt les Nits, un groupe Néerlandais trentenaire
qui sort ces jours-ci un album finement baptisé 1974…
millésime de leur année de "naissance".
Pas des jeunots, donc, mais pas des croulants non plus. Plutôt
des francs-tireurs bricolos et talentueux qui ont toujours préféré
créer dans leur coin (une vingtaine d'albums à
leur actif) que se faire mousser : "Nous sommes des artisans
qui faisons partie de l'industrie musicale, que nous le voulions
ou pas, mais nous représentons quelque chose d'infinitésimal.
[…] Nous ne savons pas nous vendre. Nous n'aimons pas
la promo paillette, les émissions de divertissement à
la télé, tout ce cirque", déclaraient-ils
récemment à Télérama. Ça
tombe bien, nous non plus.
Mais alors, ils bricolent quoi ces Nits ? Une pop originale
qui ne ressemble à rien de connu ailleurs, mais peut,
à juste titre, revendiquer un cousinage avec quelques
glorieux ténors du genre : au hasard, XTC, Talking Heads,
The
Notwist… Au fond du Werf Studio, leur
tanière de la banlieue d'Amsterdam, un ancien gymnase
reconverti en loft-studio, ils ouvragent des mélodies
parfaites habillées de bruitages étranges et de
boucles électroniques entêtantes, sur lesquelles
se pose la voix de Henk Hofstede. Ah, cette voix ! Un étrange
mixage entre John Lennon et Joe Strummer (et Elvis Costello
?), pour des titres tour à tour mélancoliques
ou bondissants, soyeux ou hypnotiques…
Et c'est là, précisément que l'on touche
aux limites de l'exercice critique en matière musicale.
Il n'existe pas forcément de points de repère
universels ou d'expressions assez précises pour dire
la diversité et l'originalité des Nits, et de
cet album en particulier. On peut parler du "ska postmoderne"
de With used furniture we make a tree, du "style Paolo
Contien" de Aquarium, de "l'orientalisme électronique"
de Eifersucht, de la "tornade tzigane" de Rumspringa,
de la beauté absolue de Chain of ifs… On peut parler
de sculptures sonores, on peut utiliser tous les mots de la
terre, on ne rendra jamais le bonheur d'écouter les Nits
et leurs divagations maîtrisées. Ce trio-là
s'est définitivement libéré des carcans
musicaux et de l'emprise des maisons de disques. Ils sont libres
et ne se laissent classer dans aucune catégorie. Sauf
peut-être dans celle des dispensateurs de bonheur…