1. Jenny don't be hasty
2. Last request
3. Rewind
4. Million faces
5. These streets
6. New shoes
7. White lies
8. Loving you
9. Autumn
10. Alloway grove
Imaginez
un gars de 19 ans appelé Paolo Nutini et qui, comme son nom
ne le révèle pas, vient de Paisley (près de Glasgow)…
Imaginez des yeux verts un peu cachés par une coupe à
la Strokes et un sourire éclatant… Imaginez enfin une
voix de bluesman noir américain accompagnée de mélodies
étonnantes qui font ressortir toute une émotion contenue…
Je dois avouer qu’après l’affront de la Coupe du
Monde (et oui, même les filles suivent le foot !) j’étais
peu disposée à écouter aucun Paolo, Enzo ou autre
Mario que ce soit. Aussi mon soulagement a été immense
en apprenant que la famille maternelle du Nutini en question était
écossaise depuis quatre générations (on passera
sur le fait que son père est Italien de pure souche) et que
je pouvais donc m’extasier sur son talent sans (trop) culpabiliser.
Mais bon, parlons un peu musique, car celle de Paolo Nutini est vraiment
un OVNI hors du temps et des modes. Au risque de passer pour une fan
en extase (que je suis devenue après avoir jeté un œil
sur son site), il faut bien dire que These streets est un recueil
de dix mélodies qui allient superbement soul et rock grâce
cette voix a la Otis Redding qui nous fait trembler d’émoi.
Paolo Nutini mélange les styles et les thèmes avec brio
comme dans Jenny don’t be hasty qui ouvre l’album sur
une perle pop-rock intemporelle. Ici les sonorités rudes de
la voix rauque du chanteur donnent une dimension désespérée
à la chanson tout en ne relâchant jamais le rythme marqué
par la batterie, rendant l’ensemble incroyablement entraînant.
On retrouve cette mélodie dansante dans New shoes ou Alloway
grove, ainsi que les thèmes très teenagers de l’amour,
des filles, de la mode… le tout sur un ton d’aimable badinage
ironique.
Ce tout jeune chanteur arrive aussi à nous renvoyer quarante
ans en arrière chez les pros de la soul avec des titres tels
que Last request ou These streets, mais en incorporant la touche de
réalisme et de modernité qu’il fallait pour que
chacun s’approprie ces magnifiques chansons : du grand art !
Le summum étant atteint avec Million faces qui part presque
d’un murmure et gagne en intensité au fur et à
mesure, jusqu'à un paroxysme qui, pour le coup, nous laisse
sans voix !
Paolo Nutini poète, rocker, bluesman ou crooner soul ? On perd
tous ses repères et on ne sait dans quel genre le classer.
Il est hors catégorie, sauf celle de la bonne musique, de la
qualité et du talent. En bref, un album qui touche à
tout mais surtout, qui nous touche nous… (et puis, si jamais
il ne réussit pas dans le milieu musical, il peut tenter une
reconversion en mannequin !).
Attention, à la fin du dernier titre, Alloway grove, deux "hidden
tracks" acoustiques (dont Last request ) vous attendent, alors
écoutez vraiment jusqu'à la fin !