1. Turn up the sun
2. Mucky fingers
3. Lyla
4. Love like a bomb
5. The importance of being idle
6. The meaning of soul
7. Guess God thinks I'm Abel
8. Part of the queue
9. Keep the dream alive
10. A bell will ring
11. Let there be love
Il
ne faut jamais dire "Oasis, je ne boirai plus de ton eau".
La preuve avec Don't believe the truth qui marque un net regain
de forme de la part des frères Gallagher.
Depuis l'origine, Oasis souffre du syndrome du "petit génie
qui a pris la grosse tête". Résultat : chaque
nouvel album est évalué à l'aune de leur
deux premières fulgurantes productions (Definitely maybe
et (What’s the story) Morning glory ?), concentrés
inouïs d'urgence pop-rock. Et bien sûr, malgré
le savoir-faire de Noel Gallagher et la voix d'or de son petit
frère Liam, la barre est trop haute et l'effet de surprise
trop éventé pour que le miracle se reproduise.
Alors, bon an mal an, on guette le nouvel opus, on l'écoute
rapidement, on est un peu déçu et on le clame
haut et fort… Et puis on écoute à nouveau,
tranquillement, on s'aperçoit que, finalement, ça
n'est pas si mal, que quelques morceaux sont même tout
a fait intéressants… et l'on regrette de s'être
exprimé un peu vite, mais il est trop tard pour faire
machine arrière !
Alors cette année, jurant que l'on ne nous y reprendrait
pas, nous avons attendu un peu avant de nous exprimer…
et grand bien nous en a pris ! Don't believe the truth s'avère
en effet un excellent crû du quatuor renforcé à
la batterie (jusqu'à quand ?) par Zak Starkey (le fils
de Ringo Starr) en remplacement d'Alan White, lassé des
turpitudes des deux "frères pétards".
Attention, n'attendez toutefois pas autre chose que du Oasis.
Noel Gallagher (qui a cette fois ouvert les portes de la composition
aux autres membres du groupe) ne sait faire que ça :
de la brit-pop-rock pure et dure, du boogie lourd, sans fioriture
ni chichi. Guitare, basse, batterie, accords massifs, mélodies
efficaces : tout est en place pour onze titres qui viendront
s'ajouter à une œuvre qui, quoi qu'on en dise, fait
déjà date dans l'histoire du rock.
Alors ne boudons pas le plaisir sans grosse nuance que nous
procure le Turn up the sun d'ouverture, ni les meilleurs titres
de ce Don't believe the truth : le duo des frères ennemis
sur Let there be love ; le Lyla qui sert de premier single (et
accessoirement d'hommage appuyé à Pete Townsend)
; les très réussis Mucky fingers et Part of the
queue… annexés par Noel Gallagher ; Love like a
bomb que l'on ne serait pas étonné plus que ça
de retrouver prochainement en second single ; et jusqu'à
un Let there be love, frère jumeau (très présentable)
du A day in a life des Beatles !
Que du classique donc, mais du fait main, à l'ancienne,
du traditionnel qui ne convaincra certainement pas les tenants
du "tout nouveau tout beau" de revenir se mettre à
l'ombre de cet Oasis-là, mais ravira les autres, ceux
qui ne désespéraient pas totalement des brit-pop
brothers.