1 - The Hindu Times
2 - Force Of Nature
3 - Hung In A Bad Place
4 - Stop Crying your Heart Out
5 - Songbird
6 - Little By Little
7 - A Quick Peep
8 - (Probably) All In The Mind
9 - She Is Love
10 - Born On A Different Cloud
11 - Better ManHelter Skelter
Si l'on veut synthétiser les reproches faits à Oasis
par la majeure partie des critiques, on en arrive à ceci :
ils font rien qu'à copier. Tous les groupes rock majeurs, les
Beatles en tête, seraient leurs victimes. Certes, il serait
difficile de nier qu'Oasis sonne parfois comme les Beatles, mais il
convient de différencier influence et plagiat !
Comme l'a dit Ringo Starr : "La moitié des groupes de
la planète sonne comme les Beatles". Ne ferait-on pas
un mauvais procès à Oasis ?
Actuellement, toute la presse rock s'extasie à propos de The
Vines, sympathique groupe australien, qui se trouve dans la même
position qu'Oasis il y a une petite dizaine d'années, et dont
une ou deux chansons rappellent lourdement des titres des Beatles.
Ah, The Vines, quel
talent, quelle énergie, c'est "la synthèse parfaite
des Beatles et de Nirvana !" (New Musical Express). Oasis ? Ils
sonnent comme les Beatles, quels pillards sans vergogne et sans talent
!
Donc, ce qui serait enthousiasmant dans le premier cas deviendrait
détestable dans le second. Toute chanson d'Oasis est passée
implacablement au crible de la culture rock, pour voir si par hasard
une note de guitare ne rappellerait pas une autre note de guitare.
Il est vrai que la dévotion affichée des frères
Gallagher aux quatre de Liverpool les expose plus facilement aux critiques,
et qu'après deux albums médiocres et leur rétrogradation
en deuxième division des seigneurs du rock, il est facile de
tirer sur l'ambulance.
Alors voyons. Heathen chemistry, nouvel album. Sans doute pas un chef
d'uvre, mais pas non plus un néant musical. Bonne nouvelle
: le son habituel d'Oasis, oppressant et parfois lourd jusqu'au pompeux,
a en grande partie disparu, en même temps que cette prétention
et cette boursouflure qui avait rendu Be here now (1997) quasiment
inécoutable. La présence de trois chansons écrite
par Liam, le chanteur, pouvait aussi faire craindre le pire pour ceux
qui avaient écouté sa première composition pas
vraiment inoubliable, Little James, sur l'album précédent.
Or, surprise, Liam a écrit Songbird, adorable chansonnette
à la guitare acoustique et à l'accordéon, à
la mélodie évidente, et qui ne ressemble à rien
de ce qu'Oasis avait fait jusqu'ici. Better man, qui conclut l'album,
n'est pas mal non plus.
Et puis, écoutez en ouverture The Hindu times, avec son riff
énorme et génial : qui est capable d'en faire autant
en 2002 ?
Certes, toutes les compos de Noel Gallagher sur l'album ne sont pas
aussi inoubliables, loin s'en faut. Mais aucune n'est insupportable,
et elles ont au moins le mérite de ne pas être interminables
comme sur Be here now, où chaque morceau affichait 6 minutes
minimum au compteur. Oasis s'est souvenu par bonheur que le rock a
besoin de concision, à l'heure où tout nouvel album
s'étire paresseusement sur 70 minutes. Heathen chemistry dure
40 minutes chrono, plus un instrumental caché après
30 minutes de silence.
Et pour finir, une sensation toute simple, qui pour ma part ne m'était
pas arrivée depuis longtemps avec un album d'Oasis : quand
il se termine, j'ai envie de le réécouter.