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     MuSiQueS
 
OASIS
Heathen chemistry
(Helter Skelter – 2002)

1 - The Hindu Times
2 - Force Of Nature
3 - Hung In A Bad Place
4 - Stop Crying your Heart Out
5 - Songbird
6 - Little By Little
7 - A Quick Peep
8 - (Probably) All In The Mind
9 - She Is Love
10 - Born On A Different Cloud
11 - Better ManHelter Skelter
Après l'accusation, la défense.

Si l'on veut synthétiser les reproches faits à Oasis par la majeure partie des critiques, on en arrive à ceci : ils font rien qu'à copier. Tous les groupes rock majeurs, les Beatles en tête, seraient leurs victimes. Certes, il serait difficile de nier qu'Oasis sonne parfois comme les Beatles, mais il convient de différencier influence et plagiat !

Comme l'a dit Ringo Starr : "La moitié des groupes de la planète sonne comme les Beatles". Ne ferait-on pas un mauvais procès à Oasis ?

Actuellement, toute la presse rock s'extasie à propos de The Vines, sympathique groupe australien, qui se trouve dans la même position qu'Oasis il y a une petite dizaine d'années, et dont une ou deux chansons rappellent lourdement des titres des Beatles. Ah, The Vines, quel talent, quelle énergie, c'est "la synthèse parfaite des Beatles et de Nirvana !" (New Musical Express). Oasis ? Ils sonnent comme les Beatles, quels pillards sans vergogne et sans talent !

Donc, ce qui serait enthousiasmant dans le premier cas deviendrait détestable dans le second. Toute chanson d'Oasis est passée implacablement au crible de la culture rock, pour voir si par hasard une note de guitare ne rappellerait pas une autre note de guitare. Il est vrai que la dévotion affichée des frères Gallagher aux quatre de Liverpool les expose plus facilement aux critiques, et qu'après deux albums médiocres et leur rétrogradation en deuxième division des seigneurs du rock, il est facile de tirer sur l'ambulance.

Alors voyons. Heathen chemistry, nouvel album. Sans doute pas un chef d'œuvre, mais pas non plus un néant musical. Bonne nouvelle : le son habituel d'Oasis, oppressant et parfois lourd jusqu'au pompeux, a en grande partie disparu, en même temps que cette prétention et cette boursouflure qui avait rendu Be here now (1997) quasiment inécoutable. La présence de trois chansons écrite par Liam, le chanteur, pouvait aussi faire craindre le pire pour ceux qui avaient écouté sa première composition pas vraiment inoubliable, Little James, sur l'album précédent. Or, surprise, Liam a écrit Songbird, adorable chansonnette à la guitare acoustique et à l'accordéon, à la mélodie évidente, et qui ne ressemble à rien de ce qu'Oasis avait fait jusqu'ici. Better man, qui conclut l'album, n'est pas mal non plus.

Et puis, écoutez en ouverture The Hindu times, avec son riff énorme et génial : qui est capable d'en faire autant en 2002 ?

Certes, toutes les compos de Noel Gallagher sur l'album ne sont pas aussi inoubliables, loin s'en faut. Mais aucune n'est insupportable, et elles ont au moins le mérite de ne pas être interminables comme sur Be here now, où chaque morceau affichait 6 minutes minimum au compteur. Oasis s'est souvenu par bonheur que le rock a besoin de concision, à l'heure où tout nouvel album s'étire paresseusement sur 70 minutes. Heathen chemistry dure 40 minutes chrono, plus un instrumental caché après 30 minutes de silence.

Et pour finir, une sensation toute simple, qui pour ma part ne m'était pas arrivée depuis longtemps avec un album d'Oasis : quand il se termine, j'ai envie de le réécouter.


Yann Darson
© Jowebzine.com - Octobre 2002
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