Untitled Document
 

     MuSiQueS
 
JOAN OSBORNE
How sweet it is
(2002)

1. I'll be around
2. Think
3. How sweet it is
4. Smiling faces sometimes
5. Love's in need of love today
6. These arms of mine
7. Only you know and I know
8. War
9. Why can't we live together
10. Axis : bold as love
11. The weight
12. Everybody is a star
Née en 1963, dans une ville du Kentucky nommée Albuquerque, Joan Osborne n’est pas du genre à sortir un album par an, histoire de faire parler d’elle. Son truc à elle, ce serait plutôt la maturation et la recherche de quelques vérités.
Elle commence à chanter par hasard à 25 ans, dans un bar. Elle interprète alors une chanson de Billie Holiday de manière si juste que quelque chose se passe en elle et dans la salle.

Quelque chose qui la pousse à continuer mais à son rythme et selon ses convictions. En 1995 sort Relish, son premier album sur une Major (Mercury records). Et cet album contient One of us qui sera un tube planétaire, repris par la suite par Prince. Il faudra attendre cinq ans pour que sorte ensuite Rigtheous love, sans grand succès, malgré un souci d’exigence et de qualité qui ne se dément pas.

Ceci expliquant peut-être cela, Joan Osborne ne se sent pas à l’aise sur une Major. Elle reprend alors sa liberté et sort aujourd’hui un album de reprises How sweet it is sur un label indépendant. Cette femme est prête à faire quelques sacrifices financiers pour son indépendance. D’ailleurs, en reprenant des titres Soul des années 60 et 70, elle ne cède pas à la nostalgie passéiste qui remplit les tiroirs-caisse et vide les esprits de leur contenu.

L’idée a germé alors qu’elle participait à un disque d’hommage au label Tamla Motown. Commencé avant le 11 septembre 2001, l’enregistrement prend tout son sens par la suite. En reprenant Aretha Franklin (Think), Stevie Wonder (Love’s in need of love today ou Jimi Hendrix (Axis : bold as love), Joan Osborne inscrit ses pas dans ceux de ses aînés parce qu’ils la confortent dans ses croyances et parce qu’ils permettent d’envisager à la fois un soutien affectif (une belle chanson peut aider à vivre) et le futur. En interprétant War (que reprenait déjà Bruce Springsteen lors de la guerre du Golfe), elle indique qu’elle n’est pas dupe sur les conséquences du 11 septembre telles qu’elles sont assénées par Bush junior.

Faut-il insister sur le fait que la voix de Joan Osborne est ample et veloutée et que les arrangements sont aussi efficaces qu’un bon coup de pinceau sur un mur craquelé ? La chanteuse n’est pas une destructrice des formes. Elle conjugue rock et soul de belle manière. Le grand Isaac Hayes ne s’y est pas trompé qui fait les chœurs sur Smiling faces sometimes.

Caressé dans le pavillon de son oreille par une douce mélancolie, l’auditeur passera cet album en boucle en attendant le prochain, plein de compositions originales. D’ici cinq ans ?


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Janvier 2003
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés