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     MuSiQueS
 
LA MUSIQUE DE PARIS DERNIERE 2
Choisie par Béatrice Ardisson
Textes de Yves Bigot
(Ardisong-Paris Première-Naïve- 2001)
  
1 - BE MY GUEST
Highway to hell
2 – JOSE FELICIANO
I can’t get no satisfaction
3 – MAX RABE UND
DAS PALAST ORCHESTER
Sex bomb
4 – BIG DADDY
Like a virgin
5 – BOOGIE MACS
The girl from Ipanema
6 – NIKKO
Stand by me
7 – STEVIE WONDER
We can work it out
8 – PROZAC FOR LOVERS
Proud Mary
9 – THE MAVIS’S
Walk on by
10 – CHARO AND THE SASOUL
ORCHESTRA
Let’s spend the night together
11 – THE FOUR TOPS
The fool on the hill
12 – SHIRLEY BASSEY
Light my fire
13 – SENIOR COCONUT
Y SU CONJUNTO
Radioactivity
14 – YASUSHI IDE
Jealous guy
Alors que le courageux Joël s’évertue à ruiner son moral et sa santé par l’étude approfondie de l’affligeante médiocrité télévisuelle en commençant par le début, "Chapitre 1 : TF1" (bon courage Joël, la route est longue, sinueuse et douloureuse ! Il te reste encore Canal+, Arte, MTV, M6, FRANCE2...), je me contente lâchement d’allumer de temps à autre la TéVé sur les chaînes alternatives du câble, de préférence Canal Jimmy et Paris Première.

Sur cette dernière, il m’arrive de suivre Frédéric Taddeï et sa voiture dans les rues de Paris où, caméra au poing, il traque les people, semi-people et pas-people-du-tout dans leurs noctambules turpitudes. C’est tout simple, brut de brut et finalement très intéressant de découvrir toutes ces vedettes, sans fard, prises sur le vif dans un restau, un bar, une boîte ou tout simplement dans la rue, avec ou non un coup dans le nez (alcool ou autre) en fonction de l’heure qu’il est. L’émission s’appelle Paris Dernière, et même si elle donne parfois dans le subversif, le glauque et le "à ne pas mettre entre tous les yeux" (production Ardisson oblige), j’avoue que sa spontanéité et son principe d’instantané a parfois quelque chose de captivant.

Il y a également quelque chose de troublant dans cette émission : pendant que le reporter (clone de Thierry Ardisson, cela dit en passant ; même si on ne voit jamais sa bobine - ben oui, c’est lui qui filme -, quand il parle, on dirait que c’est Ardisson en personne qui parle) cherche matière à filmer et à interviewer dans ce Paris vespéral, un interlude musical défile avec les images en accéléré.
À chaque fois, c’est... comment dire... quelque chose qu’on connaît mais qu’on n’a jamais entendu. Ou plutôt le contraire. Bref, une sensation familière et étrangère à la fois. Avec l’habitude, on s’aperçoit qu’il s’agit en fait de standards de la variété, du rock ou de la pop, dans des versions alternatives, complètement décalées, revisitées, désarticulées, mixées et brisées menues par d’illustres inconnus, destinés pour la plupart à le rester.

Une collection de bizarretés soigneusement récoltées par Béatrice Ardisson (la femme de l’autre : eh oui, chez Paris Première aussi ça se passe en famille, y’a pas de raison !), qui nous sert ici la deuxième édition des meilleurs extraits.
Et franchement, ça vaut le coup.

Le plus intéressant serait d’écouter les morceaux sans regarder les titres : à ce petit jeu là, il n’est pas dit que vous réussissiez à tous les coups à reconnaître l’original !
Entre une inquiétante version de Jealous guy qui démarre sur un saugrenu Ave Maria et un Stand by me alangui, quelques obscures formations nous débitent un Proud Mary à la brésilienne, un Highway to hell groovy, un Satisfaction bossa nova, un Radioactivity au tam-tam et au xylophone... sans chercher du tout à ressembler à la version originale. Je dirais même plus : en cherchant à ressembler le moins possible à la version originale. Il n’y a guère que ce tragique orchestre de bal allemand qui fait un effort ridicule pour reproduire fidèlement un très ampoulé Sex bomb du plus haut comique.

Sinon, on retrouve inévitablement (avec The fool on the hill, par exemple) la déprimante ambiance musicale des halls de ces grands hôtels intercontinentaux et impersonnels que Joël et moi-même avons tant fréquentés autour du monde par le passé, avant d’opter pour des vies plus simples et moins artificielles.

Mes préférées ? C’est pas dur : le superbe We can work it out (avec les cuivres, l’harmonica et tout) par Stevie Wonder et le très excitant remix de Light my fire par Shirley Bassey.

Un CD qui n’a que la valeur de l’anecdote, certes, mais gentiment futile, amusant, second degré... et finalement tout à fait dans l’esprit des enfants du rock que nous sommes.


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Février 2002
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