1. Can't keep
2. Save you
3. Love boat captain
4. Cropduster
5. Ghost
6. I am mine
7. Thumbing my way
8. You are
9. Get right
10. Green disease
11. Help help
12. Bushleaguer
13. 1/2 Full
14. Arc
15. All or none
Le
grand-père dEddie était amérindien.
Il sy connaissait en plantes et en rapportait souvent
à la maison. La grand-mère dEddie sappelait
Pearl. Elle sy connaissait en confitures ; elle y incorporait
souvent les petites herbes de son mari. Eddie Vedder, quand
il est devenu chanteur, a pensé que son groupe devait
prendre le nom de cette friandise hallucinogène familiale,
dont la recette a malheureusement disparu avec ses aïeux.
Pearl Jam, nest donc rien dautre quun hommage
dun petit-fils aux confitures de sa Mamie. Voilà
qui est dit.
Au début des nineties, un mouvement de jeunes américains
prend les guitares et les amplis en réaction à
lordre US établi, à son malsain patriotisme
et à ses travers mondialistes. Cest à Seattle
que se situe le point névralgique de cette réaction
désillusionnée, à base de cheveux sales
longs, jeans craqués, chemises à carreaux portées
au-dessus du pantalon, drogues de tous poils, bière au
litre et surtout de ce rock puissant, revendicatif et néanmoins
très mélodique qui prendra pour nom grunge (littéralement
: la crasse).
Cest à Seattle que voient le jour les deux frères
ennemis et néanmoins co-porte-étendards du grunge
: Nirvana et Pearl Jam. Au démarrage, ce sont nos confituriers
qui cartonnent avec leur premier - et meilleur - album Ten (1992)
au point de rendre jaloux et méchant Kurt Cobain, le
leader du groupe concurrent.
Et puis, avec toutes ces histoires, Pearl Jam décide
de rester à lécart du système, refusant
la promotion (pas de clips, pas de marketing, des places de
concert pas chères...) pour privilégier léthique
et la pureté des messages et de lengagement. Et
puis de toute façon, il a déjà son public,
extrêmement nombreux, attaché et fidèle,
à la vie à la mort : car, quon le veuille
ou non, Pearl Jam est un groupe culte, dernier survivant à
ce jour de la dernière mouture du "no future"
qui vient régulièrement hanter le rocknroll.
Tout ceci pour vous dire quon nest pas ici dans
une ambiance de franche jovialité. Cela étant,
quand on regarde la pochette de ce huitième album (deux
squelettes de métal couronnés qui semblent sortir
de leur tombe) puis les photos intérieures (vues des
séances denregistrement) et enfin le disque lui-même,
tout noir, on ne peut pas dire quon a été
pris en traître.
De toute façon, lessentiel, comme dit lautre,
cest pas la boîte mais ce quil y a dedans.
Malheur à ceux qui se contenteront dune seule écoute,
car ils seront désorientés et peut être
même déçus. Il y a à boire et à
manger en quantité dans cette uvre aux multiples
influences, aux multiples styles et explorations. Il faut apprendre
à digérer avant den reprendre.
Rock puissant, certes, morceaux déstructurés,
mais aussi ballades aux accents folk irlandais, ambiances piano-bar,
blues... Lensemble emmené par un Eddie Vedder en
pleine possession de sa voix exceptionnelle, puissante, changeante,
profonde et envoûtante. Eddie Vedder quon a surnommé
le Jim Morrison des 90s, pour son charisme et sa vision
du métier.
Et cest vrai quon pense aux Doors quand on écoute
I am mine et son tempo légèrement valsant, ou
même Arc, troublant chant sioux (Vedder a des origines
indiennes et on sait que Morrison se considérait hanté
par lâme dun indien quil avait vu mourir).
Comme il est vrai quon pense furtivement à Neil
Young, à Midnight Oil, à REM, à Bowie,
ou même à Nirvana tout au long de ce Riot Act plein
de maturité, de maîtrise, de sagesse et dhonnêteté.
Une fois de plus Pearl Jam fait ce qui lui plaît et régale
de ses confitures ceux qui veulent bien faire leffort
de les goûter. Et tant pis pour les cochons.
Sites : Hormis lofficiel www.pearljam.com,
on trouve de nombreux sites dédiés à Pearl
Jam, avec des forums très actifs. En France, www.pearljam.fr.fm.