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     MuSiQueS
 
WOJCIECH KILAR
FREDERIC CHOPIN

Le pianiste
(Sony Classical - 2002)

1 - Nocturne en do dièse mineur (1830)
2 - Nocturne en mi mineur, op 72, n° 1
3 - Nocturne en do mineur, op 48, n° 1
4 - Ballade n° 2 en fa majeur, op 38
5 - Ballade n° 1 en sol mineur, op 23
6 - Valse n° 3 en la mineur, op 34, n° 2
7 - Prélude en mi mineur, op 28, n° 4
8 - Grande Polonaise brillante
précédée de Andante  spianato,
op 22 - 1
9 - Grande Polonaise brillante
précédée de Andante  spianato,
op 22 - 2
10 - Moving to the ghetto
(31 octobre 1940)
11 - Mazurka en la mineur,
op 17, n° 4
La bande originale du film Le pianiste a la particularité d'être composée de musique classique. C'est une musique dont les codes sont simples, accessibles à tous. Et elle réussit à accomplir une double prouesse : celle d'être totalement au service du film dont elle restitue parfaitement l'ambiance générale, avec le fait que c'est de la vie de Wladislaw Szpilman, brillant interprète de Chopin, dont il est question.

Le second élément à prendre en compte est celui de la pure beauté esthétique des pièces musicales entendues, qui transfigure cette bande originale, en véritable œuvre d'art.
Sur ce CD, on découvre trois nocturnes, deux ballades, une valse et un prélude, interprétés par Janusz Olejniczak au piano. À cette musique de Chopin, il faut adjoindre celle de Wojciech Kilar à qui l'on doit le morceau magnifique du départ vers le ghetto. Enfin, pour finir, un enregistrement d'époque de la musique de Szpilman est adjoint à cette B. O. sans lequel elle ne serait pas complète, car elle rend compte de la virtuosité de ce pianiste.

Tous les morceaux expriment cette mélancolie si propre à la musique de Chopin, sans pour autant perdre de cette intensité qui fait du film une parfaite réussite. Et comment mieux parler de cette bande originale qu'en parlant des œuvres qui la composent et du génie qui les a crée.
Chopin est de ces rares génies reconnus comme tel par ses contemporains. Passionné de piano dès son plus jeune age, il travaille jusqu'à obtenir la note ou l'accord juste. C'est aussi un musicien atypique, car mort à trente-neuf ans, il n'a composé que pour le piano si l'on excepte ses deux concertos pour piano, la grande polonaise brillante et sa sonate pour piano et violoncelle. Il a évolué dans un univers artistique sans pareil, musical mais aussi littéraire et pictural, mais je me contenterais de vous parler de son œuvre.

Le Nocturne en C minor Op. 48 n° 1 est un des plus longs et des plus dramatiques. Il constitue un véritable journal intime de Chopin, dans lequel on peut deviner l'expression d'une douleur intense. Chopin voulait que les mesures initiales ressortent en tant qu'élément thématique. À ce titre il accentuait la sonorité des trois premières notes en les jouant avec le troisième doigt, le doigt le plus sonore au piano.

Quant à la Ballade n° 1 en sol mineur (morceau 5), c'est une merveille et c'est grâce au webmaster du site auquel je dois la majorité de mes renseignements sur l'analyse des œuvres, que j'ai découvert que c'était une des préférées de Chopin ainsi que de Liszt qui y voyait une "Odyssée de l'âme de Chopin".

Pour le prélude en mi mineur Op. 28 n° 4, la main gauche se fixe ici dans une suite d'accords répétés tandis que la main droite fait entendre un chant mélancolique, expression d'un sentiment éminemment désespéré. C'est la musique qui fut jouée à l'orgue lors des funérailles du compositeur à la Madeleine. Je voudrais aussi ajouter que tous les préludes sont à écouter dans l'ordre de leur composition, et donnent ainsi la pleine mesure du talent de Chopin et une traversée douloureuse (car chargée d'émotions même dans les pièces les plus courtes).

Je m'arrête ici car je ne suis pas musicologue et que mon approche de la musique reste assez intuitive. En fait, plus j'écoute d'interprétations différentes des pièces de Chopin, en particulier ses Nocturnes et ses Préludes, plus je me raccroche à l'interprétation de Janusz Olejniczak et à la mazurka finale interprétée par Wladislaw Szpilman, qui est un moment de pur bonheur musical.

Je pourrais encore vous en parler pendant des heures, mais je préfère vous inviter à écouter (et pas simplement entendre) et à apprécier cette musique où la beauté des thèmes rivalise avec le raffinement de l'écriture...


Alexandra Grandmougin
© Jowebzine.com - Décembre 2002



Tous mes remerciements à ce site très complet proposant même des extraits d’œuvres en écoute : www.coindumusicien.com
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