AN PIERLE
An Pierlé and White velvet
(PIAS - 2006)
1. Jupiter
2. How does it feel
3. Good year
4. I love you
5. Not the end
6. Many roads
7. Tenderness
8. It's got to be me
9. Poor Danny
10. Snakesong
11. Mexico
12. Cold winter
13. Closing time
Seulement
le troisième album pour An Pierlé, mais une maturité
et une plénitude artistique impressionnantes.
Après Mud stories en 1999, mais surtout Helium
sunset en 2003, An Pierlé (et Koen Gisen, son alter ego
et compagnon) s'est installée d'autorité sur le fauteuil
envié des chanteuses majeures de la pop internationale, quelque
part entre Tori Amos et Kate Bush (impossible de ne pas trouver à
Jupiter des faux airs de Wuthering heights), la notoriété
internationale en moins, mais la jeunesse et la fraîcheur en
plus !
Impression confirmée avec le magnifique White velvet qui donne
à la fois son nom au nouvel album et au groupe de scène
dont le couple gantois (An Pierlé est Belge) est désormais
"doté" pour la tournée à venir. White
velvet ? Réponse d'An Pierlé elle-même : "Pour
l'étoffe, bien sûr, le film de David Lynch (NDLR : Blue
velvet en 1987), une vieille chanson aux atmosphères sombres,
le Velvet Underground (et leur titre White light, white heat), une
recette de cake, White christmas, un website pour les fanas de caniches
blancs (voir la pochette de l'album), une plante aux poils en velours
et ce "Croqueur d'amour, œil de velours, comme une caresse"
que chantait Dalida !".
On ne saurait mieux décrire l'éclectisme raffiné
et élégant, séducteur et enjôleur de ce
White velvet qui se compose d'autant d'univers différents qu'il
compte de titres. Ne croyez pas pour autant qu'il s'agisse là
d'un catalogue musical hétéroclite. Bien au contraire,
An Pierlé et Koen Gisen ont réussi un album très
cohérent dont les morceaux forment une sorte de tableau intimiste
et classieux, mariant avec bonheur la tradition pop-rock anglo-saxonne,
la chanson plus traditionnelle et des expérimentations instrumentales
et vocales décomplexées (l'album est produit par Jon
Kelly : The Beautiful South, Kate Bush, Paul McCartney…).
La voix sublime de velours blanc (évidemment) d'An Pierlé
passe ainsi, sans jamais faillir, de l'enjoué Mexico au plus
grave How does it feel, du groove entêtant de It's got to be
me au troublant Closing time. Et on reste suspendu à ce dernier
titre comme au-dessus d'un vide abyssal, comme en état de manque
pour ce timbre si particulier devenu, par le miracle de treize chansons,
la bande-son de nos soirs d'été à venir…