THE PIPETTES
We are The Pipettes
(Cooperative Music - 2006)
1. We are the pipettes
2. Pull shapes
3. Why did you stay ?
4. Dirty mind
5. It hurts to see you dance so well
6. Judy
7. A winter's sky
8. Your kisses are wasted on me
9. Tell me what you want
10. Because it's not love (But it's still a feeling)
11. Sex
12. One night stand
13. ABC
14. I love you
Le
choc à l’écoute de ces perles bubble-gum : on
croirait entendre des Supremes punks, ou une Debbie Harry qui aurait
un tantinet forcé sur les disques des Velvelettes. En conséquence,
la pop libidineuse de ces trois filles pas farouches de Brighton se
déguste comme un bonbon au poivre. The Pipettes, donc, vers
un revival girls group ?
“Your kisses are wasted on me, la-la-la-la, your kisses are
wasted on me!” La réponse est définitivement oui.
Elles dansent, elles chantent merveilleusement, elles sont les bulles
de bonheur du moment, incroyablement fraîches, impétueuses,
malignes, faussement innocentes. En gros, c’est l’anti-TV
On The Radio de l’année. Les Pipettes ont décidé
de célébrer une époque où la pop n’était
pas encore transfigurée par le passage des quatre farfadets
de Liverpool, le Mersey beat, ou plus généralement le
rock’n’roll de garçons lubriques titillés
par leurs hormones.
Une époque où les productions des vénérables
maisons Pye, Motown ou encore Atlantic régnaient imperturbablement
sur la planète : groupes de filles glamour, producteurs farfelus,
chansons impeccables, incarnées, soul ; des 45 tours comme
s’il en pleuvait et ces patronymes inénarrables et sexy
: Shangri-la’s, Vandellas, Marvelettes, Velvelettes, Ronettes…
Les pimpantes Pipettes ont tout compris et se réapproprient
avec brio cette imagerie qu’on croyait surannée.
Alors oui, la musique distillée dans ce premier effort est
ultra connotée (Phil Spector, Joe Meek, Ronettes, Shangri-la’s
se bousculent…), mais Dieu que c’est bon ! Les chansons
sont fantastiques, toutes en forme d’accroche-cœurs inespérés
(Pull shapes, ABC, Your kisses… éblouissantes !) et les
arrangements, tout simplement mirifiques. Et quelle merveilleuse idée
de revêtir ces robes polka dot qu’on croyait perdues dans
les limbes de l’Histoire !
Becki, Gwenno et Rose (prononcez Rosaaay) ne demandent qu’à
être aimées. Elles le méritent bien.