1. The life and death of Mr Badmouth
2. Shame
3. Who the fuck
4. Pocket knife
5. The letter
6. The slow drug
7. No child of mine
8. Cat on the wall
9. You come through
10. It’s you
11. The end
12. The desperate Kingdom of love
13. Seagulls
14. The darker days of me & him
AVERTISSEMENT
L’extrême dépouillement de la production
et l’impression d’inachevé que donnent certains
morceaux peuvent dérouter l’auditeur distrait qui,
faute d’opiniâtreté, risquerait de passer
à côté d’un pur moment d’émotion
rock’n’roll.
Après le très gros succès d’un précédent
album très riche et très travaillé (le
multi-récompensé Stories from the city, stories
from the sea, en l’an 2000), Polly revient au basique
sans fioriture. Toute seule ou presque. Juste à sa droite
Rob Ellis, batteur-chanteur. Juste à sa gauche Mr Head,
producteur-chanteur. Deux vieux fidèles des tout premiers
enregistrements, en 1991, dans les studios Icehouse à
Yeovil, Somerset. À l'époque, la jeune Polly-Jean,
petite campagnarde un peu bouboule, hésitait encore entre
deux avenirs tout aussi hypothétiques dans la sculpture
ou dans la musique. Dans la ferme familiale du Dorset, on écoutait
du blues, Bob Dylan, Captain Beefheart... Et Polly chantait,
jouait du saxophone et de la guitare dans les pubs du coin.
Et elle composait des chansons.
Aujourd’hui, elle a 35 piges, sept albums et treize ans
de carrière derrière elle. Une carrière
pleine de doutes et de remises en question pour cette âme
torturée et instable dans un corps à présent
anormalement maigre. Et une fois de plus elle surprend son monde
avec un disque on ne peut plus dépouillé. Brut
et brutal, avec des passages d’une tendresse et d’une
douceur absolues. Le chaud et le froid en alternance, le choc
en permanence. Une très forte illustration de sa vie
tourmentée, dans une version épurée, directe
et impulsive comme le blues qui dégouline des treize
morceaux (je ne compte pas la plage intitulée Seagulls,
simple pause en forme de cris de mouettes - à qui il
faudra penser à reverser les droits, d’ailleurs),
dans toutes ses déclinaisons, du plus recueilli au plus
violent, de la guitare folk à l’ampli saturé,
de l’amour le plus désespéré à
l’érotisme le plus torride, des mélodies
les plus délicates au grunge le plus cra-cra, des sensuels
susurrements aux bestiaux hurlements...
Uh huh her, ça veut dire quoi, au juste, au fait, hein
? P.J. ? Pigé !