LE
SAIGNEUR DE L’ANNEAU
Du bruit, beaucoup de bruit. Skull ring est un anneau qui donne
mal au crâne : Iggy Pop nous cherche des noises …
et nous les trouve !
Retour à la case départ pour notre iguane au
torse nu. Retour à cette grosse soupe bruyante dont
il nourrit en leur temps les oreilles du mouvement punk à
venir. Retour à cette porte ouverte vers le n’importe
quoi où se glisseront des tombereaux de groupes incompétents
au possible qu’on ne manquera pourtant pas de glorifier
au nom de l’énergie et du renouveau associés.
Sans compter la multitude d’amatrices vocations nées
du constat qu’avec un gros ampli, une distorse, quelques
guitares désaccordées, deux tambours et un braillard
on pouvait se monter son groupe (et la tête bien souvent).
Bref, rien ne prouve encore que la musique ait réellement
gagné quelque chose dans l’affaire, mais bon…
Beaucoup de bruit…
Iggy Pop est certainement le moins dupe et le plus humble
de tous finalement. Ce qui ne l’empêche pas de
remettre le couvert avec ce Skull ring plein d’invités
tonitruants (en plus de The Trolls, son groupe habituel),
au premier rang desquels les fameux Stooges de la première
heure avec qui il exécute un quart des morceaux. Mais
aussi la très provocatrice Peaches sur deux titres,
ainsi que plusieurs collaborations avec des groupes ricains
choisis parmi les pires, à savoir les très médiocres
Green Day et les très nazes Sum 41. Les fautes de goût
faisant partie intégrante du personnage, la surprise
reste relative, mais bon...
… pour rien
On est tellement loin des formidables (et inégalés)
The Idiot et Lust For Life composés pour lui par David
Bowie (lamentablement singé ici dans le morceau Dead
rock star par un Iggy décidément bien décevant)
que le sentiment qui prédomine à l’issue
de ces soixante minutes de boucan est - après quelques
petites secondes d’excitation quand même - un
désagréable agacement. Til wrong feels right,
avec Iggy solo qui gratouille et litanise façon blues,
est tragique. L’ensemble est au final une douloureuse
et interminable salve de musique de bœufs comme on espérait
qu’on n’en produirait plus. Ceci dit, ça
n’empêche pas la presse rock unanime d’applaudir
et de crier au miracle, mais bon…
Roland Caduf
© Jowebzine.com - Novembre 2003
Site : www.iggypop.com
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