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     MuSiQueS
 
IGGY POP
Skull ring
(Virgin Records - 2003)

1. Little electric chair
2. Perverts in the sun
3. Skull ring
4. Superbabe
5. Loser
6. Private hell
7. Little know it all
8. Whatever
9. Dead rock star
10. Rock show
11. Here comes the summer
12. Motor inn
13. Inferiority complex
14. Supermarket
15. Til wrong feels right
16. Blood on your cool

LE SAIGNEUR DE L’ANNEAU
Du bruit, beaucoup de bruit. Skull ring est un anneau qui donne mal au crâne : Iggy Pop nous cherche des noises … et nous les trouve !


Retour à la case départ pour notre iguane au torse nu. Retour à cette grosse soupe bruyante dont il nourrit en leur temps les oreilles du mouvement punk à venir. Retour à cette porte ouverte vers le n’importe quoi où se glisseront des tombereaux de groupes incompétents au possible qu’on ne manquera pourtant pas de glorifier au nom de l’énergie et du renouveau associés. Sans compter la multitude d’amatrices vocations nées du constat qu’avec un gros ampli, une distorse, quelques guitares désaccordées, deux tambours et un braillard on pouvait se monter son groupe (et la tête bien souvent). Bref, rien ne prouve encore que la musique ait réellement gagné quelque chose dans l’affaire, mais bon…

Beaucoup de bruit…

Iggy Pop est certainement le moins dupe et le plus humble de tous finalement. Ce qui ne l’empêche pas de remettre le couvert avec ce Skull ring plein d’invités tonitruants (en plus de The Trolls, son groupe habituel), au premier rang desquels les fameux Stooges de la première heure avec qui il exécute un quart des morceaux. Mais aussi la très provocatrice Peaches sur deux titres, ainsi que plusieurs collaborations avec des groupes ricains choisis parmi les pires, à savoir les très médiocres Green Day et les très nazes Sum 41. Les fautes de goût faisant partie intégrante du personnage, la surprise reste relative, mais bon...

… pour rien

On est tellement loin des formidables (et inégalés) The Idiot et Lust For Life composés pour lui par David Bowie (lamentablement singé ici dans le morceau Dead rock star par un Iggy décidément bien décevant) que le sentiment qui prédomine à l’issue de ces soixante minutes de boucan est - après quelques petites secondes d’excitation quand même - un désagréable agacement. Til wrong feels right, avec Iggy solo qui gratouille et litanise façon blues, est tragique. L’ensemble est au final une douloureuse et interminable salve de musique de bœufs comme on espérait qu’on n’en produirait plus. Ceci dit, ça n’empêche pas la presse rock unanime d’applaudir et de crier au miracle, mais bon…


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Novembre 2003


Site : www.iggypop.com

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