1. Lie to me
2. Time
3. You know who your friends are
4. Complex person
5. Fools must die
6. Kinda nice, I like it
7. Nothing breaks like a heart
8. I should of
9. Clean up woman
10. The losing
11. Saving grace
12. Walk like a panther
13. Complicada
14. I wish you love
SANS
PRETENTION
Un album adulte et élégant qui, au milieu de belles
chansons "pretendersiennes" fait éclore deux roses
précieuses : Saving grace et I wish you love.
Depuis un quart de siècle, les Pretenders c’est Chrissie
Hynde. Et Chrissie Hynde c’est l’élégance
rock : volonté farouche et anticonformisme têtus à
l’abri d’une frange imperméable aux modes, le tout
relevés d’une pointe de gouaille moqueuse et drapé
de l’intemporel jean porté près du corps.
Du coup, avec eux le rock est simple : de bonnes chansons, de bonnes
guitares, la voix rauque et chaude de Madame et des pochettes sobre,
le plus souvent en noir et (beaucoup de) blanc. C’était
vrai en 1979 avec leur premier album éponyme, c’est toujours
vrai en 2003 avec Loose screw !
Et comme le temps passe aussi pour eux, l’heure des Pretenders
n’est plus au pop-rock âpre, mais au musardage élégant.
Ainsi, Loose screw aligne sans précipitation les chansons classieuses,
efficaces et sereines que l’expérience leur a appris
à façonner, comme ces artisans habiles que les années
ont transformé en artistes rares.
Deux grands moments
On trouve donc sur cet opus des balades inimitables (You know who
youre friends are, The losing), des chansons plus musclées
(Lie to me, Fools must die) et toute une collection de titre que l’on
n’imagine sur aucun autre disque que le leur. Mais on y trouve
aussi trois anachroniques (mais séduisants) reggaes à
leur façon (Nothing breaks like a heart, Clean up woman et
Complex person), le dernier étant doublé en fin d’album
de sa version espagnole absolument irrésistible (Complicada).
Enfin, on y trouve deux monuments qui, à eux seuls, justifient
l’enregistrement (et l’achat) de Loose screw : Saving
grace et I wish you love.
Saving grace est destiné, sachez-le d’emblée,
à entrer au Panthéon du rock aux côtés
de quelques autres de leurs standards (Stop your sobbing, I’ll
stand by you…). Immédiat, profond, ce titre provoque
un de ces petits miracles que la musique nous réserve parfois
: l’impression d’avoir toujours eue cette chanson en soi,
l’impression que l’interprète n’est que le
révélateur d’une œuvre universelle enfouie
dans la mémoire collective. Frissons garantis…
Deuxième monument en clôture d’album, un long morceau
sensuellement jazzy que l’on se prend à fredonner dès
les premières mesures : Que reste-t-il de nos amours…
Charles Trenet invité posthume des Pretenders. Vous en rêviez,
Chrissie Hynde l’a fait !
Avec Loose screw, on en viendrait presque à remercier le temps
de passer et de faire mûrir le talent de ceux que l’on
aime comme il nous fait mûrir nous-même. Et j’ai
comme dans l’idée que nous continuerons à mûrir
ensemble, Chrissie…