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     MuSiQueS
 
PRIMAL SCREAM
Riot city blues
(Columbia - 2006)

1. Country girl
2. Nitty gritty
3. Suicide Sally & Johnny Guitar
4. When the bombs drops
5. Little death
6. The 99th floor
7. We’re gonna boogie
8. Dolls
9. Hell’s comin’down
10. Sometimes I feel so lonely
Difficile de suivre le groupe écossais emmené par Bobby Gillepsie. Invention brit pop dans les années 80, le groupe s’est ensuite rêvé en gros texan, adepte de riffs acerbes puis s’est tourné vers l’expérimentation. De nouveau, le groupe part dans une nouvelle direction et imite habilement les Stones.

Country girl, la première chanson de Riot city blues, devrait faire plaisir à Keith Richards et Ron Wood, les deux guitaristes des Stones. Rarement une chanson a si bien imité la course électrique à laquelle s’adonnent les deux vieux briscards encore imbibés. La présence d’une mandoline fait toute la différence.

Les Stones ont toujours été dans l’ombre de Primal Scream. La ressemblance entre Gillepsie et Mick Jagger est assez frappante. Au-delà du physique, Gillepsie n’hésite pas à user sa voix dans des hymnes boogie endiablés. Même quand le groupe se perdait dans l’électro rock.

La suite du disque donne raison. Nitty gritty est un sacré morceau de rock à l’ancienne, avec piano capricieux et guitares ciselées. The 99th floor semble être une composition échappée des années 60. Dolls convoque l’esprit d’Iggy Pop. Sometimes I feel so lonely conclue avec gospel et mélancolie, une brochette de tubes qui auraient pu se trouver dans le trio magique Let it bleed, Sticky fingers et Exile on Main Street des Rolling Stones.

Comme les Dandy Wharols, Primal Scream trouve toujours le petit détail subtile et séduisant. L’harmonica, le violon, la mandoline, les chœurs, le piano ramènent le groupe vers le son du sud des Etats-Unis, entre folk, country et rock. Ce qui impressionne le plus, c’est qu’il ne perd pas son âme. Abordant des genres très différents, Primal Scream sonne toujours comme du Primal Scream : quelque part entre la pop et le punk, le groupe conserve une sublime décontraction. En revisitant le bon vieux boogie, le mélange redevient délicieux et gouleyant. C’est un vrai cocktail détonant, qui réveille les vieux démons du rock’n’roll ! Les Stones peuvent se reposer, Primal Scream assure de nouveau.


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Juillet 2006
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