Après
un tombereau de rumeurs, on est à présent sûrs
et certains que la rencontre de Jack White (White Stripes) et Brendan
Benson, réunis sous le patronyme énigmatique de The
Raconteurs, enfantera un disque dont la sortie est prévue pour
mai, et qu’un single (Steady as she goes) est d’ores et
déjà disponible. Quoique pas tant que ça, vu
que celui-ci n’a été édité qu’en
45 tours et en série plus que limitée - on ne le trouverait
déjà plus dans les HMV londoniens.
Quoiqu’il en soit, dès les premières notes de
ce Steady as she goes, on s’étonne : les Raconteurs n’ont
pas tant en commun avec les White Stripes. En effet, une basse gronde
dans la stéréo, ce qui n’avait jamais été
constaté sur un disque des Bandes Blanches, n’ayant,
comme chacun sait, pas de bassiste et prônant un minimalisme
des plus rageurs. Ailleurs, les guitares de Jack et Brendan se castagnent
sévère et la batterie assure un beat euphorisant.
A part cette fameuse basse, c’est le côté hypnotique
et… dansant, qui surprend. Le riff est haché et passé
à la moulinette post-punk, comme si Wire et Blondie jouaient
les Kinks. Exit l’obsession blues à la Screaming Lord
Sutch, ici on a plutôt affaire à un rock’n’roll
lorgnant sur un punk tardif (début des 80’s) toutes guitares
et griffes dehors, pour vous faire danser comme des dératés
sur le dancefloor. Un tube en puissance. Une joie !
La voix de Jack est plus maîtrisée qu’auparavant
et l’homme s’autorise même l’utilisation d’un
synthé cosmique, qu’on entend vibrer au loin, en marge
du fracas sonique des guitares. Sans l’ombre d’un doute,
c’est Brendan Benson qui apporte ce côté irrésistiblement
pop à l’ensemble, à l’instar de son excellent
album Lapalco.
Mais il est évident qu’on retrouve ici ou là les
obsessions de l’homme en rouge et blanc qui ont fait la force
et le succès éléphantesque de son groupe. En
vrac : guitares vintage hurlantes, riffs déglingués,
la voix volontairement décalée et hypnotique, de plus
en plus glam, flirtant avec les meilleurs envolées de Marc
Bolan (T-Rex). Et toujours ce respect des grands anciens combattants,
de Charley Patton à… Wire, justement ! On attends la
suite de pied ferme et la bave au lèvre, tant cette entrée
en matière est réjouissante.