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     MuSiQueS
 
THE RACONTEURS
Steady, as she goes
(V2 - 2006)

1. Steady as she goes
2. Store bought bones
Après un tombereau de rumeurs, on est à présent sûrs et certains que la rencontre de Jack White (White Stripes) et Brendan Benson, réunis sous le patronyme énigmatique de The Raconteurs, enfantera un disque dont la sortie est prévue pour mai, et qu’un single (Steady as she goes) est d’ores et déjà disponible. Quoique pas tant que ça, vu que celui-ci n’a été édité qu’en 45 tours et en série plus que limitée - on ne le trouverait déjà plus dans les HMV londoniens.

Quoiqu’il en soit, dès les premières notes de ce Steady as she goes, on s’étonne : les Raconteurs n’ont pas tant en commun avec les White Stripes. En effet, une basse gronde dans la stéréo, ce qui n’avait jamais été constaté sur un disque des Bandes Blanches, n’ayant, comme chacun sait, pas de bassiste et prônant un minimalisme des plus rageurs. Ailleurs, les guitares de Jack et Brendan se castagnent sévère et la batterie assure un beat euphorisant.

A part cette fameuse basse, c’est le côté hypnotique et… dansant, qui surprend. Le riff est haché et passé à la moulinette post-punk, comme si Wire et Blondie jouaient les Kinks. Exit l’obsession blues à la Screaming Lord Sutch, ici on a plutôt affaire à un rock’n’roll lorgnant sur un punk tardif (début des 80’s) toutes guitares et griffes dehors, pour vous faire danser comme des dératés sur le dancefloor. Un tube en puissance. Une joie !

La voix de Jack est plus maîtrisée qu’auparavant et l’homme s’autorise même l’utilisation d’un synthé cosmique, qu’on entend vibrer au loin, en marge du fracas sonique des guitares. Sans l’ombre d’un doute, c’est Brendan Benson qui apporte ce côté irrésistiblement pop à l’ensemble, à l’instar de son excellent album Lapalco.

Mais il est évident qu’on retrouve ici ou là les obsessions de l’homme en rouge et blanc qui ont fait la force et le succès éléphantesque de son groupe. En vrac : guitares vintage hurlantes, riffs déglingués, la voix volontairement décalée et hypnotique, de plus en plus glam, flirtant avec les meilleurs envolées de Marc Bolan (T-Rex). Et toujours ce respect des grands anciens combattants, de Charley Patton à… Wire, justement ! On attends la suite de pied ferme et la bave au lèvre, tant cette entrée en matière est réjouissante.


Gabriel Pereira
© Jowebzine.com - Février 2006
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