1. 2 + 2 = 5
2. Sit down. Stand up
3. Sail to the moon
4. Backdrifts
5. Go to sleep
6. Where I end and you begin
7. Suck young blood
8. The gloaming
9. There there
10. I will
11. A punch-up at a wedding
12. Myxamatosis
13. Scatterbrain
14. A wolf at the door
TETE
PENSANTE
Album de la perfection pour Radiohead, Hail to the thief est une parfaite
synthèse de ses albums passés, mais aussi page qui se
tourne vers un avenir différent.
Voilà une sorte de « cadeau empoisonné »
qu’un illustre chroniqueur de ce webzine m’a offert en
me proposant de chroniquer HTTT, pensant sûrement que je sauterai
sur cette occasion et déborderai d’idées. Mais
au moment de rédiger cette chronique, difficile de savoir comment
aborder le meilleur album d’un groupe fascinant, si proche depuis
quelques années mais qui se dévoile aujourd’hui
plus que jamais, créant une logique remarquable à tout
ce qu’il a pu être auparavant, rendant limpide son hallucinant
parcours.
Même si j’avais une préférence pour le climat
mystérieux qui régnait autour de Radiohead à
l’époque de Kid A et Amnesiac, Hail to the thief transcende
tout ce que le groupe a pu réaliser jusqu’ici et apparaît
comme une sorte de best of d’inédits magistralement servis
par un son sublime, ouvert, précis, offrant à cet album
une ambiance moins claustrophobique que sur les deux derniers essais.
Libéré, humain, spontané, excitant sont les mots
qui décrivent le mieux les sentiments dans lesquels nous plongent
ces morceaux déjà classiques, habités par la
personnalité changeante de Thom Yorke, tour à tour romantique
(la légèreté cosmique de Sail to the moon, la
beauté nue de I will), inquiétant (la folie maladive
de Myxomatosis, la parano flippante de Wolf at the door, le vampirisme
à paillettes de We suck young blood) ou définitivement
ailleurs, déguisé en messie le temps de Sit down, stand
up, second acte d’une cérémonie entamée
il y a six ans avec le final de Paranoid android... Ce sixième
album est d’une telle intensité que les deux premiers
singles qui en sont extraits, There there et Go to sleep, apparaissent
au bout du compte comme les étapes les plus "faibles"
du voyage.
A travers son leader, Radiohead se place comme le groupe le plus intéressant
du moment, inventant de nouvelles façons d’écrire
des morceaux, créant des formes musicales inhabituelles mais
qui pourtant coulent de source, artisan passionnant d’une musique
en plein dans son époque, empreinte de tous les styles et sensations
présents dans l’air actuel : mélancolique, ironique,
angoissé, enragé... faisant de tout cela un enchevêtrement
d’harmonies parfaites, de mots percutants à la beauté
sombre, qui s’immiscent dans votre esprit chaque jour un peu
plus.
L’effet négatif de Hail to the thief est que l’on
peut ressentir un brin de nostalgie à son écoute, sentir
que la fin d’une « formule » est là car quelque
chose doit changer, d’autant plus que Thom Yorke a annoncé
récemment que son groupe serait méconnaissable dans
2 ans... Mais pour le moment, on ne peut qu’être admiratif
devant tant d’excellence, autant de foi passionnée.