1. Leaving new york
2. Electron blue
3. The outsiders
4. Make it all okay
5. Final straw
6. I wanted to be wrong
7. Wanderlust
8. Boy in the well
9. Aftermath
10. High speed train
11. The worst joke ever
12. The ascent of man
13. Around the sun
Voici
un album qui a la politesse d’être agréable
tout en s’avérant profond. Rythmes, chœurs
et harmonie donnent la grâce à Michael Stipe, Peter
Buck et MiKe Mills. Eh oui, la quarantaine peut être créative.
Pourquoi écoute-t-on obsessionnellement un disque plutôt
qu’un autre ? Et pourquoi est-on prêt à pardonner
à tel artiste ses errements alors qu’un autre nous
laisse de marbre ou nous irritent au plus haut point ?
Oui, pourquoi l’auteur de ces lignes fait-il preuve d’une
telle ouverture d’esprit à l’égard
de REM, groupe désormais dinosaure ? La seule raison
est-elle que REM comme The Cure font partie de ses amours de
jeunesse et qu’il les a vu mûrir, vieillir et devenir
des institutions ?
La presse rock, dans son ensemble, fait preuve de moins de gentillesse.
En parlant de Around the sun, le dernier opus du groupe, nombreux
sont ceux qui parlent de rabâchage, de routine, de perte
d’énergie. Ces groupes qui pondent un album par
an sont bien gentils mais à force, on ne sait plus quoi
en dire.
En ce qui me concerne, je suis le premier à penser que
certains des derniers albums des gars d’Athens, Georgie,
étaient insipides ou bâclés. Reveal en 2001
ne contenait qu’une chanson potable (Imitation of life).
Pour Around the sun, désolé mais cet album passe
et repasse sur ma platine sans aucune lassitude. Les textes
sont à la fois poétiques et précis et les
musiques ont des harmonies qui enchantent l’oreille. Michael
Stipe et ses amis sont les héritiers des Byrds et sont
bien plus crédibles ici quand ils nous délivrent
la quintessence de la pop américaine. Quand ils nous
la jouent rockers, il faut reconnaître que le binaire
ne leur va pas au teint.
Around the sun contient des perles qui évoquent l’univers
de Man on the moon, une chanson sublime du groupe. Cependant,
les années ont passé et le génie est devenu
un savoir-faire qui arrive parfois (et même souvent ici)
à nous bouleverser. Des titres comme Wanderlust, boy
in the well ou The worst joke ever, trottent dans nos conduits
auditifs, y adhèrent et s’y incrustent.
Pour revenir au début de cette chronique, j’ai
un élément de réponse : si l’on revient
sans cesse à l’écoute d’un album,
c’est évidemment qu’il correspond à
une époque de notre vie. Il l’illustre et l’habille
de ses couleurs.
REM est au fond, un groupe cafardeux qui arrive à rendre
souriante la mélancolie. Et Michael Stipe, opposant déclaré
au règne de George W. Bush, doit avoir quelques raisons
de déprimer en ce moment.
Chouette ! À quelque chose malheur étant bon,
cela nous donnera d’autres galettes comme Around the sun,
d’autres soleils noirs de la mélancolie auxquels
nous réchaufferons nos corps engourdis.