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     MuSiQueS
 
REM
Around the sun
(Warner - 2004)

1. Leaving new york
2. Electron blue
3. The outsiders
4. Make it all okay
5. Final straw
6. I wanted to be wrong
7. Wanderlust
8. Boy in the well
9. Aftermath
10. High speed train
11. The worst joke ever
12. The ascent of man
13. Around the sun
Voici un album qui a la politesse d’être agréable tout en s’avérant profond. Rythmes, chœurs et harmonie donnent la grâce à Michael Stipe, Peter Buck et MiKe Mills. Eh oui, la quarantaine peut être créative.


Pourquoi écoute-t-on obsessionnellement un disque plutôt qu’un autre ? Et pourquoi est-on prêt à pardonner à tel artiste ses errements alors qu’un autre nous laisse de marbre ou nous irritent au plus haut point ?

Oui, pourquoi l’auteur de ces lignes fait-il preuve d’une telle ouverture d’esprit à l’égard de REM, groupe désormais dinosaure ? La seule raison est-elle que REM comme The Cure font partie de ses amours de jeunesse et qu’il les a vu mûrir, vieillir et devenir des institutions ?

La presse rock, dans son ensemble, fait preuve de moins de gentillesse. En parlant de Around the sun, le dernier opus du groupe, nombreux sont ceux qui parlent de rabâchage, de routine, de perte d’énergie. Ces groupes qui pondent un album par an sont bien gentils mais à force, on ne sait plus quoi en dire.

En ce qui me concerne, je suis le premier à penser que certains des derniers albums des gars d’Athens, Georgie, étaient insipides ou bâclés. Reveal en 2001 ne contenait qu’une chanson potable (Imitation of life).

Pour Around the sun, désolé mais cet album passe et repasse sur ma platine sans aucune lassitude. Les textes sont à la fois poétiques et précis et les musiques ont des harmonies qui enchantent l’oreille. Michael Stipe et ses amis sont les héritiers des Byrds et sont bien plus crédibles ici quand ils nous délivrent la quintessence de la pop américaine. Quand ils nous la jouent rockers, il faut reconnaître que le binaire ne leur va pas au teint.

Around the sun contient des perles qui évoquent l’univers de Man on the moon, une chanson sublime du groupe. Cependant, les années ont passé et le génie est devenu un savoir-faire qui arrive parfois (et même souvent ici) à nous bouleverser. Des titres comme Wanderlust, boy in the well ou The worst joke ever, trottent dans nos conduits auditifs, y adhèrent et s’y incrustent.
Pour revenir au début de cette chronique, j’ai un élément de réponse : si l’on revient sans cesse à l’écoute d’un album, c’est évidemment qu’il correspond à une époque de notre vie. Il l’illustre et l’habille de ses couleurs.

REM est au fond, un groupe cafardeux qui arrive à rendre souriante la mélancolie. Et Michael Stipe, opposant déclaré au règne de George W. Bush, doit avoir quelques raisons de déprimer en ce moment.

Chouette ! À quelque chose malheur étant bon, cela nous donnera d’autres galettes comme Around the sun, d’autres soleils noirs de la mélancolie auxquels nous réchaufferons nos corps engourdis.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Novembre 2004
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