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     MuSiQueS
 
RENAUD
Boucan d'enfer
(Virgin - 2002)

1 - Docteur Renaud, Mister Renard
2 - Docteur Renaud, Mister Renard
3 - Petit pédé
4 - Je vis caché
5 - Coeur perdu
6 - Manhattan-Kaboul
7 - Elle a vu le loup
8 - Tout arrêter...
9 - Baltique
10 - L'entarté
11 - Boucan d'enfer
12 - Mon nain de jardin
13 - Mal barrés
14 - Corsic'armes
15 - Mon bistrot préféré
Renaud revient à la chanson avec ce nouvel album, dans lequel il se "déshabille" au fil des titres pour se montrer tel qu’il est, oscillant entre le vilain Renard trop porté sur l’alcool, la drogue et les femmes et le gentil Renaud, tendre et toujours fidèle à sa Domino, à sa fille Lolita, à ses amis disparus, aux artistes qu’il admire…

Avec sa voix pas toujours très bien placée et ses musiques qui ne se renouvellent guère, il parvient encore une fois à faire la une de tous les hit-parades, en duo avec Axelle Red dans Manhattan-Kaboul. Une Axelle Red que l’on reconnaît à peine, que l’on confond avec Vanessa Paradis au début du morceau, que la plupart de ses détracteurs habituels apprécient pour une fois, une Axelle Red en tous cas dont la voix procure des frissons à ses auditeurs, comme celle d’une Maurane ou d’une Véronique Sanson.

Tous les textes de cet album sont signés de cette « patte » inimitable de Renaud, mélange savamment dosé d’humour, de tendresse et d’émotion. Les mots choisis flirtent avec le vulgaire certes, mais sont toujours si pertinents.

"Il fait pas bon d’être pédé quand t’es entouré d’enc…" chante-t-il au jeune homo quittant sa province natale pour monter à Paris, dont il relate les difficultés de la vie quotidienne.

A Lolita, dont on entendait déjà parler alors qu’elle était encore dans le ventre de sa mère « en cloque » et qui a maintenant quinze ans, il tente d’expliquer que rien ne sert de se presser pour "voir le loup", et qu’il n’est pas forcément utile de faire comme sa pote Marylou : "Elle a vu le loup, y vaut pas un clou… j’lui jette pas la pierre, j’crée pas une émeute, y paraît qu’sa mère a vu toute la meute".

Se mettant dans la peau de Baltique, le chien de François Mitterrand, tenu en laisse seul devant l’église pendant l’oraison funèbre de son maître, il conclut "Un jour pourtant, je le sais bien, Dieu reconnaîtra les chiens".

On souhaite à Renaud que cet album lui serve de thérapie, qu’il lui permette d’accepter enfin le départ de Dominique et de retrouver foi en l’amour. Ou peut-être mieux encore, qu’il parvienne à la reconquérir en faisant disparaître à jamais Mister Renard au profit du Docteur Renaud. Ce jour-là, c’est sûr, il n’aurait plus le "cœur en miettes, en détresse, en compote, en morceaux, en lambeaux, au fond des bottes", il ne chanterait plus "que pour les amoureux, hélas, la vie est bien dégueulasse, un beau jour les filles se cassent, et voilà".

Renaud est de retour, on espère encore beaucoup d’autres textes pour nous faire rire et pleurer, et rendez-vous en décembre au Zénith…


Anne-Sophie Mehl
© Jowebzine.com - Septembre 2002
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