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     MuSiQueS
 
LES RITA MITSOUKO
En Concert avec l’orchestre Lamoureux
(Virgin Music - 2004)

1. Écoutez la chanson bien douce
2. Il patinait merveilleusement
3. O triste
4. Triton
5. La fille venue du froid
6. Les guerriers
7. A man needs a maid
8. Mad rush
9. Le velours des vierges
10. Où sont-ils donc ?
11. Trop bonne
12. La sorcière et l’inquisiteur
13. Andy
MELI-MELO-DODO
On ne devrait jamais réchauffer les concerts exceptionnels, car la sauce prend souvent un drôle de goût qui rend la digestion difficile.



Moi, je pense que quand on a la possibilité d’enluminer ses mélodies, contraster ses ambiances, enflammer ses envolées en piochant dans une palette riche d’une vingtaine de violons, d’une demi-douzaine d’altos, autant de violoncelles, de trois contrebasses, deux cors anglais, un hautbois, une clarinette, des percussions, un piano et un chef à la baguette, on a toujours tort de rajouter une batterie, une basse et une guitare électriques.

Moi, je dis que lorsqu’on a à sa disposition un orchestre symphonique pour s’exprimer, on devrait pouvoir se dispenser d’y rajouter une batterie, une basse et une guitare électriques.

Tout simplement parce qu’on risque à tous les coups de transformer un passionnant exercice d’arrangement expérimental en un méli-mélo à mi-chemin de tout, façon gros sabots.

L’essai des Rita n’échappe malheureusement pas à ma règle. Cet enregistrement (datant de 2002) d’une soirée au théâtre des Champs Elysées en compagnie du très ouvert orchestre Lamoureux avait de quoi exciter l’appétit de l’auditeur Mitsoukophile qui n’avait pu se payer un strapontin à l’époque. Ce dernier restera pourtant sur sa faim. Un peu comme quand il réchauffe au micro-ondes une barquette "Paul Bocuse pour Picard" en espérant y retrouver le charme d’une soirée au Château d’Ecully : ça fait pas pareil. Ce qui a pu enthousiasmer sur le moment (force de l’événement) franchit mal le cap du réchauffé et il aurait sûrement fallu s’abstenir de publier ce disque. Mais les artistes aujourd’hui ont rarement la main-mise sur la publication, marketing oblige…

Après un très beau medley Verlaine/Ferré lancé par la fabuleuse voix de Ringer drapée d’un simple appareil orchestral de bon aloi, voilà le bien moins poétique Triton qui émerge avec force cymbale charleston, caisse claire et pédale chorus. Incongru. L’orchestre est rapidement au second plan : il faut tendre l’oreille pour en percevoir les finesses d’arrangements. Agaçant. On passe sur le choix des titres (que vient donc faire ce morceau de Neil Young au piano seul au milieu de tout ça ?), mais on ne passera pas sur ces 8 minutes et quelques d’interlude pianistique, proprement casse-noisettes (dont il n’est pas un extrait, heureusement pour Tchaïkovski)... Où sont-ils donc ? : un petit vent de fraîcheur passe furtivement, au titre on ne peut plus de circonstance. Rien à voir avec le "Mais y sont où ?" des stades de foot, mais plutôt un cruel rappel que l’extraordinaire Charles Trénet n’est pas près d’être remplacé...

Le reste a du mal à passer le cap de l’enregistrement. Dommage, car Catherine avait rarement aussi bien chanté.


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Avril 2004
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