1 - Entrée
2 - Evasion
3 - Vieux rodéo
4 - Triton
5 - Trop bonne
6 - Tous mes vux
7 - Tu me manques
8 - Japplaudis
9 - Melodica
10 - Interlude
11 - Ce sale ton
12 - Sacha
13 - 1928
Nous
avions eu lopportunité chanceuse dun petit avant
goût de la nouvelle galette des Rita (lors dun des mini-concerts
du tour de chauffe, le
3 juillet à Lespace Pierre Cardin) et nous nous
attendions à quelque chose de plus brut, de plus rock et de
plus dépouillé que la précédente Cool
Frénésie.
Un homme averti en valant deux, il naura pas fallu plus de deux
écoutes pour être en mesure de rédiger le compte-rendu
de cette Femme trombone, à létonnante pochette
ethno-bariolée (on dirait la représentation stylisée
et très colorée des têtes de Chichin et Ringer,
après quelles aient été réduites
par une tribu dindiens dAmazonie).
Et ça démarre par une petite intro musicale, un peu
pompière (on dit pompeuse ou pompante ?), comme au début
dun concert, avant que les artistes entrent en scène.
Dailleurs on entend des applaudissements, comme dans un disque
live. Le ton est donné. La Femme Trombone sonne comme un disque
live. Son de guitares brutes, amplis saturés, batterie très
clinquante : le rock dans son plus simple appareil.
Il y a plus de guitares que dhabitude chez les Rita. Le co-producteur
Iso Diop (ex Assassin) nest pas resté les bras ballants
derrière ses consoles : il a apporté ses grattes pour
prêter main forte à Fred. Un son magnifique, puissant
et dépouillé, véritable identité dun
disque qui sonne (trop ?) uniformément. Les morceaux sont courts,
enlevés, concentrés. La voix de Catherine Ringer imparable,
formidablement humaine, riche et sans artifice.
Mais alors, quest ce qui fait quau bout de deux écoutes
tu as déjà envie de ranger cette femme et son trombone
dans la pile, toi qui usas jusquà la cote du même
nom ton exemplaire de Cool frénésie sans en être
jamais rassasié ? Cest que linspiration, le concept,
le travail sur les textes et les musiques sont manifestement restés
à un niveau beaucoup plus superficiel. Et comme cest
moins fouillé, moins riche et moins ambitieux, eh bien cest
tout simplement plus vite consommé. Consommé avec plaisir,
avec entrain et un certain enthousiasme, certes. Mais plus vite et
avec moins de conséquences. Et puisquon parle de consommation
avec modération, jy ferais bien le même parallèle
quentre la dégustation dune belle bouteille et
un petit gorgeon de jaja bien frais.
Cest malheureux, mais cette Femme trop bonne - devenue trombone
parce quelle souffle dans linstrument à coulisse
de son bonhomme (!) ("classieux", comme dirait lautre,
dont lombre semble plutôt à la barre quà
la bourre ) - qui revendique si naïvement la mixité
face au machisme (Vieux rodéo), qui nous détaille les
douleurs physiques et mentales de la menstruation (Tous mes vux),
ou fantasme sur la taille de la queue dun triton, semble par
trop à la merci dobsessions terre à terre pour
nous séduire complétement. Et ce bon gros rock qui habille
le tout, il penche quand même plutôt vers le gros rouge
qui tâche que vers le sirop vignolat.
Un album vite fait bien fait. Trop vite fait, pas trop mal ficelé,
mais pas assez inspiré pour effacer la trace du pénultième.