CD 1
Baby Gramps - Cape Code girls
Richard Thompson
- Mingulay boat song
John C.Reilley - My son John
Nick Cave - Fire down below
Loudon Wainwright III - Turkish revelry
The Old Prunes - Bully in the alley
Brian Ferry - The cruel ship’s captain
Robin Holcomb - Dead horse
Bill Frisell - Spanish ladies
Joseph Arthur - High barbary
Mark Anthony Thompson
- Haul away Joe
David Thomas - Dan Dan
Sting - Blood red roses
Teddy Thompson - Sally Brown
Rufus Wainwright & Kate McGarrigle
- Lowlands away
Gavin Friday - Baltimore whores
Eliza Carthy - Rolling sea
Martin Carthy & the UK Group
- The mermaid
Bob Neuwirth - Haul on the bowline
Bono - Dying sailor to his shipmates
Lucinda Williams - Bonnie Portmore
Richard Greene & Jack Shit
- Shenandoah
Mary Margaret O’Hara - The cry of love
CD 2
Jack Shit - Boney was a warrior
Loudon Wainwright III
- Good ship Venus
White Magic - Long time ago
Nick Cave - Pinery boy
Brian Ferry & Antony Lawlends - Low
Akron Family - On spring morning
Martin Carthy & Family Hog - Eye man
Ricky Jay & Richard Greene
- The fiddler
Andrea Corr
- Caroline & her young sailor bold
John C.Reilly - Fathom the bowl
David Thomas - What do we do with the drunken sailor
Ed Harcourt - Farewell Nancy
Stan Ridgway - Hanging Johnny
Baby Gramps - Old man of the sea
Van Dyke Parks
- Greenland whale fisheries
Sting - Shallow Brown
Jolie Holland - The grey funnel line
Jarvis Cocker
- A drop of Nelson’s blood
Lou Reed - Leave her Johnny
Ralph Steadman - Little boy Billy
Compilation
étonnante, ce recueil de chansons de marins réunit des
artistes irréprochables qui pour la plupart s’approprient
ce genre soudainement très en vogue.
Tout commence sur le tournage des suites de Pirates
des Caraïbes. Le réalisateur Gore Verbinski se passionne
pour les chansons maritimes. Johnny Depp se laisse charmer par la
soudaine passion du cinéaste et les deux hommes envisagent
une compilation.
Ils demandent de l’aide au producteur Hal Willner, responsable
de fameux "tributes to". Le bonhomme s’enthousiasme
et réunit une large discographie de chants de mer et de poésie
marine. Il sort son carnet d’adresse et rassemble un nombre
de talents impressionnants. Nick Cave, Bono, Lou Reed, Brian Ferry,
Sting sont les têtes d’affiche. Mais les autres interprètes
ont les dents longues : Rufus Wainwright, Antony & the Johnson,
Ed Harcourt ou encore Joseph Arthur. De plus, Willner fait appel à
quelques purs produits des îles britanniques et s’entiche
du comédien buriné et brillant, John C.Reilly qui se
révèle être un chanteur hors pair pour raconter
des destins d’équipage.
Tout ce beau monde fait son choix parmi les découvertes de
Willner et le résultat va au-delà des espérances.
D’une super production signée Disney, le projet de disque
s’échappe vers une vraie anthologie aux interprétations
complexes et variées.
Bien entendu, l’ironie de Nick Cave va bien au chant d’équipage.
Lou Reed, Bill Frisell ou Brian Ferry ont l’expérience
et la noirceur. De même, les jeunes auteurs ont le bon goût
de s’arroger les ritournelles. Mais les chansons sorties de
l’oubli sont d’une richesse rare.
Écrits pour les marins au travail, les chants vont biens aux
rockers et aux folkeux. Les interprètes trouvent le ton pour
raconter ces histoires de morts, de prostitués et de violence.
Ils transpirent une souffrante et enivrante humanité. En prenant
des artistes populaires, Willner redonne un sens à des œuvres
forcément désuètes et prolétariennes.
Cela sent bon la vieille taverne peuplée de loups de mer. Certaines
chansons ont le parfum d’une cuite au rhum. D’autres divaguent
au rythme de la mer. Beaucoup ont le spleen d’hommes perdus
sur les flots, isolés du monde. C’est tellement touchant
que des stars comme Bono et Sting semblent oublier leur ego. La production
est loin d’une lisse réinterprétation. Les guitares
électriques croisent les violons, l’harmonica, la pipe
et le tabac.
Les chants, ballades et poèmes sont néanmoins accessibles.
En regroupant des artistes atypiques, Hal Willner écume dans
une vieille tradition oubliée et propose un voyage mouvementé,
chaleureux et dépaysant. Mille sabords, ça fait du bien
!