OLIVIA
RUIZ
J’aime pas l’amour
(Polydor Universal - 2003)
1. Qui sommes-nous ?
2. Énervé
3. Petite fable
4. J’aime pas l’amour
5. Pas si vieille
6. Le tango du qui
7. De l’air
8. De toi à moi
9. La dispute
10. Les vieux amoureux
11. L’absente
12. Malaguena
STAR
PEU ACADEMIQUE
Après avoir donné son corps au diable, Olivia
est sortie de la fable et a sauvé son âme. On applaudit
très fort.
Enfermée
Séquestrée plusieurs semaines dans un château
où elle était méthodiquement et quotidiennement
torturée par une vieille peau surtendue qui l’obligeait
à chanter avec Andrea Bocelli et Jenifer, la petite Olivia
réussit à s’échapper un soir en trompant
la vigilance de Nikos le cerbère. Courant droit devant
elle à la recherche d’accueil et de réconfort,
implorant de l’aide et du travail ici et là, elle
essuyait à chaque fois les sarcasmes des braves gens
du métier, dont on sait bien qu’ils n’aiment
pas qu’on suive une autre route qu’eux. Tout ça
à cause d’une sale étiquette avec un code
barre qui avait été solidement cousue à
son insu et à sa fesse droite par Armande la sorcière
aux grosses lèvres.
Délivrée
Courageuse et volontaire, Olivia se mit en quête d’âmes
compatissantes, mais surtout compétentes en matière
de décollage d’étiquette. Elle dut être
persuasive, s’accrocher et apporter des garanties pour
convaincre Monsieur Néry (VRP repenti et Nonne reconvertie),
Mademoiselle Juliette (à l’opulent talent) et aussi
Messieurs Prohom (Philippe), Chet, Balmino (Stéphane)
ainsi que les membres du Weepers Circus. Mais au bout du compte,
ils s’y sont mis à tous et de bon cœur pour
venir à bout du vilain sticker et voilà. Notre
jolie brunette peut enfin orienter son beau regard sombre (elle
a un faux air d’Audrey Tautou, je trouve) vers des espaces
plus conformes à ses aspirations artistiques.
Une belle surprise
Moi j’ai pris la peine, de m’y arrêter. Et
je peux vous dire que ce disque est une très belle surprise,
certains passages atteignant même le haut niveau (De toi
à moi, Petite fable, L’absente, Les vieux amoureux,
Le tango du qui, notamment, à la fois superbement écrits
et magnifiquement interprétés). Avec en plus le
plaisir de découvrir une très attachante artiste
de 23 ans, d’une sensibilité et d’une maturité
assez décoiffants. Qui cite comme références
les Rita, les VRP (et Gina, de Gina et l’Orchestre ! Tiens,
faudra qu’on en reparle un jour dans Jowebzine.com de
ce disque-là !), les Têtes Raides, Fréhel,
Bécaud, Nougaro…
Non, vraiment, Olivia Ruiz n’était pas digne du
château et de ses Gorgones hululantes. Tant mieux pour
elle. Une star est née. Pas académique pour deux
sous. Tant mieux pour nous.