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     MuSiQueS
 
OLIVIA RUIZ
La femme chocolat
(Polydor Universal - 2005)

1. J’traîne des pieds
2. La femme chocolat
3. I need a child
4. Non-dits
5. Thérapie de groupe
6. La petite valse de Narbonne plage
7. Quijote
8. Cabaret blanc
9. Goûtez-moi
10. Vitrier
11. La petite voleuse
12. La fille du vent
13. De toi à moi II
14. La Molinera
C’est vrai qu’elle est à croquer la petite Olivia. Elle et ses talents qui réjouissent tous les sens sans exception, sont tombés sur le plus cannibale des mentors : Mathias Malzieu, rouquin leader des Dionysos en personne, succombant au charme de la pétulante brunette (et réciproquement, à ce qu’on dit…) au point de prendre en main la réalisation de son disque, aux côtés de l’intéressée elle-même et de l’excellent producteur Alain Cluzeau.

C’était donc ça la "surprise" ! Et ça s’entend ! Et ça se mange ! Que dis-je, ça se mange : ça se dévore !

Les compositions anthropophages de Mathias (La femme chocolat et Goûtez-moi) fleurent bon le Dionysos des meilleurs jours et vont bien à Olivia : delicious !

La composition virtuose de Christian Olivier des Têtes Raides (Non-dits) flatte les papilles auditives de ses épatants rebonds verbaux : "Non-dits non mais, non mais dis-donc…"

La composition miroir, à fleur de peau, de Néry (De toi à moi II) renvoie dos-à-dos le face à face de l’album précédent (De toi à moi) : doux-amer.
Les compositions néo-réalistes de Chet et Juliette (Vitrier, La petite voleuse), avec leur petit quelque chose d’air du temps un peu facile, parviennent à se transcender dans les gouleyantes versions que leur offre Olivia.

Faut dire que Mlle Ruiz est une sacrée interprète : voix, attitude, charisme, enthousiasme… Impressionnante. Mais pas seulement sur ce plan…

Car ses propres compositions tiennent ici plus que la route : le ciel, la mer et les étoiles aussi ! Et c’est là la grosse différence avec J’aime pas l’amour, son disque de 2003 où elle n’avait introduit qu’une seule (assez moyenne) de ses chansons. La femme chocolat contient près de 50 % de morceaux de pur cacao Olivia. Dont un en espagnol (Quijote) qui n’est pas sans évoquer les énergiques patchankas de la Mano Negra. Et une troublante petite valse à Narbonne, hantée par sa lancinante orchestration. Et un joli tube de souvenirs d’enfance acidulés (J’traîne des pieds). Et une splendide Fille du vent, au refrain aérien, plein de cuivres et de tempérament !

Et pour finir, en morceau caché - comme sur le premier -, un duo père-fille (Didier Blanc, le père d’Olivia Blanc alias Ruiz, chante lui aussi) autour d’un poignant thème de pur Flamenco. Frisson garanti !

Une grande artiste est donc bien née, qui réussit de haut vol son deuxième disque, magnifiquement entourée des musiciens qu’elle mérite. En plus de Mathias, Bertrand Belin, Olivier Daviaud, Joseph Racaille et plein d’autres pointures sont venus jouer, arranger, composer pour celle qui, à même pas 26 ans, vient de prendre très clairement sa place dans le très convoité (et pas si grand) cercle des vraies chanteuses populaires de caractère.

Prenez et mangez-en, tous.


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Décembre 2005



Site : www.olivia-ruiz.com
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