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     MuSiQueS
 
WE ARE SCIENTISTS
With love and squalor
(Virgin - 2006)

1. Nobody move, nobody get hurt
2. This scene is dead
3. Inaction
4. Can't lose
5. Callbacks
6. Cash cow
7. It's a hit
8. The great escape
9. Textbook
10. Lousy reputation
11. Worth the wait
12. What's the word
Trois rigolos en provenance de différents Etats d’Amérique viennent de lancer à la face du monde une palanquée de tubes extraits de leur premier album. Tellement parfaits qu’on en oublierait presque que les Killers existent.


En effet, With love and squalor de We Are Scientists, s’apparente beaucoup au travail des Killers sur Hot fuss, les synthétiseurs eighties en moins… La guitare du chanteur Keith Murray est bien mise en avant, cisèle des riffs dévastateurs et nous travaille au corps jusqu’au KO total. La batterie, elle, reproduit les beats primaires d’une boîte à rythme, carrée et implacable. Quant à la basse, sa prépondérance n’est pas étonnante, puisque la plupart des groupes estampillés "new wave" - et c’est le cas de We are scientist - pillent sans vergogne les vieux plans emphatiques et ronflants de Simon Gallup de Cure, Peter Hook de Joy Division et New Order et d’autres vieux combattants…

Mais enfin, les We Are Scientists (aussi new-wave et trendy soient-ils) viennent de forger un album bien au dessus du lot contemporain, si parfait qu’il est absolument impossible d’y résister, même ligoté tel Ulysse face aux sirènes. Et c’est cela même qui rappelle le succès foudroyant des Killers en 2004-2005. Ici, des antiennes taillées pour les stades délivrent toute la saveur et le ténu de leurs mélodies, au fil des écoutes. Toujours à la limite du pompier, We Are Scientists savent pondre des hymnes - aussi fédérateurs que… Somebody told me des Killers, tiens ! - sans jamais tomber dans le fadasse de tête de gondoles. Keith Murray et son groupe sont bien trop malins pour cela.

Nobody move, nobody get hurt ouvre l’album en grande pompe avec sa basse très curienne ; Scene is dead dégringole à toute berzingue sur un dancefloor enflammé ; Callbacks explore les recoins les plus sombres de la psyché humaine ; Lousy reputation brille de sa lumière claustrophobe et de son chant désespérée façon Morrissey ; on imagine sans peine Inaction chantée par 60 000 hooligans en Angleterre, poings levés et yeux révulsés ; de même pour It’s a hit (qui porte si bien son nom et actuel single du trio) ou le frénétique The great escape… Et on pourrait continuer ainsi longtemps : les douze titres de ce premier album si rafraîchissant méritent tous d’être passés en revue, écoutés en boucle, et sont évidemment dignes des dithyrambes de tous les NME du monde.

Ce disque bénéficie aussi d’une brûlante production, pas si éloignée de celle des jeunots de Sheffield, Arctic Monkeys, avec qui ils ont partagé l’affiche pendant plusieurs mois dans toutes les salles jalonnant le Royaume-Uni. Et quelle affiche ! En bref, We Are Scientists a un potentiel immense, une maîtrise renversante de la composition, frappe juste, joue vite et fort avant que tout ne soit trop tard… On ne peut que les suivre dans ce tourbillon pop new-wave qu’ils distillent sans aucun complexe, Converse aux pieds et longue mèche sur le front.


Gabriel Péreira
© Jowebzine.com - Mars 2006



Site officiel : wearescientists.com
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