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     MuSiQueS
 
SCISSOR SISTERS
Ta-dah
(AZ - 2006)

1. I don't feel like dancin'
2. She's my man
3. I can't decide
4. Lights
5. Land of a thousand words
6. Intermission
7. Kiss you off
8. Ooh
9. Paul McCartney
10. The other side
11. Might tell you tonight
12. Everybody wants the same thing
Dernière sensation à la mode pour amateurs de déhanchements syncopés, les Scissor Sisters mettent des drôles de drogues dans leurs refrains et de la tristesse dans leurs paroles. À la fois très bien et peut mieux faire.


Voilà un groupe qui s’est donné pour mission de ressusciter les shows délirants et chamarrés des années 1970 et qui affirme clairement son identité homosexuelle assumée.

Nul doute, les Scissor Sisters sont flamboyants et leur nouveau disque se laisse écouter avec plaisir. Les influences d’Elton John qui joue du piano sur un titre et en a composé un autre, sont évidentes. Les mélodies sont accrocheuses et le groupe est capable de les défendre sur scène en livrant un spectacle débridé.

En dehors du vieil Elton, les références des Scissor sont Brian Ferry, David Bowie alors qu’elles devraient se rapprocher de Queen, dont on retrouve dans Tah-dah l’emphase et le gros son.

L’ambiguïté du groupe n’est pas sexuelle, elle est musicale. Ils ont certes des références, mais on ne les entend pas trop sur le disque. Un de mes copains, DJ de son état et grand amateur de musique techno, n’a cessé de me vanter, l’année dernière, le premier album des Scissor Sisters. Quand je lui ai demandé ce qu’il pensait de Ta-dah qui venait de sortir, il a haussé les épaules et a murmuré qu’on dirait du Abba.

Rien d’offensant à cela, mon copain DJ n'a pas tort, cet album est une mine à tubes destinés au succès. Beaucoup de titres font penser aux meilleures comédies musicales et doivent être d’une efficacité imparable sur les pistes de danse, ou pour parler français sur les dancefloors.

Est-ce qu’il est mal de rechercher l’efficacité ? Non, bien sur que non. D’autant que l’intérêt du disque vient du contraste entre des paroles pour la plupart douces-amères et des musiques entraînantes.

Cependant, et pour rester dans la préférence sexuelle, Rufus Wainwright développe des mélodies autrement plus subtiles et Antony et ses Johnsons vous touchent davantage au cœur.

Voilà donc le paquet cadeau que nous ont concocté les Scissor Sisters : des ritournelles qui vont s’incruster dans votre cerveau, une rythmique vitaminée, une voix de chat écorché qui sait monter dans les aigus.

On pourra reprocher à cette soupe de ne pas être raffinée. On pourra aussi être redevable au groupe d’apporter de la vie et de l’exubérance dans un univers du spectacle un peu anémié. Après tout, le groupe est jeune et les directions dans lesquelles il peut aller sont nombreuses.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Octobre 2006
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