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     MuSiQueS
 
RON SEXSMITH
Cobblestone runway
(V2 - 2002)

1 - Former glory
2 - These days
3 - Least that I can do
4 - God loves everyone
5 - Disappearing act
6 - For a moment
7 - Gold in them hills
8 - Heart's desire
9 - Dragonfly on bay street
10 - The less I know
11 - Up the road
12 - Best friends
13 - Gold in them hills (remix)
Ron Sexsmith. On peut difficilement imaginer patronyme plus mal porté que celui du timide crooner canadien. Avec un nom pareil, on pense immédiatement à une sorte de croisement improbable et extraverti de Ron Wood et de Rod Stewart... et on tombe sur un gentil garçon joufflu et timide. Pourtant, sous-estimer ce songwriter d’exception serait une grave erreur que vous ne commettrez pas, grâce à JWZ.

Prenez, par exemple, ce cinquième album, Cobblestone runway : une pochette modeste dans les tons beiges, une photo aux couleurs hésitantes prise d’un peu loin : Ronald lui-même, assis sur les marches d’un escalier, la tête dans les mains, pensif, un peu perdu, lunaire... Tout y est !

Et pourtant, ce disque est tout sauf ennuyeux, tout sauf lunaire. Il collectionne au contraire les chansons finement ciselées, tantôt enjouées, tantôt plus mélancoliques, d’un auteur-compositeur surdoué. A l’image d’un Former glory élégamment country placé en ouverture comme pour annoncer l’évolution du style, Cobblestone runway sait nous offrir quelques beaux moments plus enlevés qu’à l’habitude avec These days, Heart’s desire ou Dragonfly on Bay Street.

Pourtant, bon sang ne saurait mentir. Ron Sexsmith n’abandonne pas si facilement sa mélancolie originelle et distille à l’envie quelques-unes unes des plus belles chansons que l’on ait entendu ces derniers temps : Least that I can do, God loves everyone ou le magnifique Gold in them hills, si beau qu’il supporte sans difficulté d’être bissé en fin de parcours dans une version mixée différemment. Mais, s’il est un morceau à retenir de cet album, c’est sans conteste le fabuleux Disappearing act qui nous rappelle irrésistiblement le meilleur Paul McCartney (composition, arrangements, jusqu’à la voix...).

Cette fois-ci, Ron pourrait bien abandonner son image de songwriter minimaliste (et pour tout dire, un peu chiant) pour enfin convaincre un public plus large, qu’au-delà des apparences il y a un vrai bonheur à l’écouter avec bienveillance.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Décembre 2002
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