1. Common people
2. It hasn't happened yet
3. You'll have time
4. That's me trying
5. What have you done
6. Together
7. Familiar love
8. Ideal woman
9. Has been
10. I can't get behind that
11. Real
La
fine fleur du rock US indépendant se retrouve sur l’album
d’un acteur pas spécialement réputé
pour ses premiers rôles. Et pourtant, il s’agit
d’un album de premier plan.
La vie n’est pas avare de surprises. William Shatner,
73 ans au compteur, a sorti son second album en 2004. Et il
s’agit d’un des disques les plus jouissifs que l’on
puisse entendre ces jours-ci. De plus, l’album s’écoute
en entier et en boucle, sans interruption afin de ne pas bouder
son bonheur.
William Shatner fut le bellâtre qui interpréta
le capitaine Kirk dans la série originale Star Trek.
Dans les années 1980, il fut Hooker dans la série
ringarde du même nom. Il a joué dans un nombre
incroyable de séries B et a troqué son image de
bellâtre contre celle d’un vieux joufflu.
Mais Has been, qui est le titre ironique de son album, nous
indique que nous devons nous méfier des apparences. Shatner
a demandé à Ben Folds, du Ben Folds Five de produire
et de co-écrire son album. Joe Jackson, Henry Rollins
et Aimée Mann participent aux chœurs et aux backing
vocals. Matt Chamberlain joue de la batterie. On trouve même
une chanson écrite par Nick Hornby, l’auteur de
Haute fidélité, ce qui fait rêver plus d’un
rocker classieux.
L’ami Shatner utilise la méthode du talk-over,
chère à Serge Gainsbourg. Il ne chante pas, mais
il parle. Sa diction est si parfaite dans ses divers registres
que le disque ne s’en ressent pas. Au contraire, l’atmosphère
ironique ou Shakespearienne qui s’en dégage renforce
le plaisir éprouvé.
Common people, la chanson de Jarvis Cocker, sonne presque mieux
que lorsqu’elle est interprétée par Pulp.
You’ll have time, scandée par un chœur de
gospel est un titre fabuleux dans lequel Shatner se transforme
en précheur fou qui harangue la foule en répétant
que nous allons tous mourir.
Eh oui, parfois un album que l’on n’attendait pas
nous procure une joie profonde alors qu’un album tant
attendu nous noue les tripes parce qu’il ressemble plus
à de la daube qu’autre chose. William Shatner,
épaulé par Ben Folds, nous a donné l’une
des surprises les plus inattendues de l’année 2004
: un album homogène, cohérent et inspiré.
Pas de doute, tout va bien pour papy Shatner : il vient en plus
d’obtenir le rôle principal de la série Boston
legal, écrite par David E. Kelley (l’auteur d’Ally
Mc Beal).
Le mot d’ordre de cette chronique est donc : place aux
vieux !