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     MuSiQueS
 
WILLIAM SHELLER
Epures
(Mercury - 2004)

1. Mon hôtel
2. Chanson d'automne
3. Toutes les choses qu'on lui donne
4. Clandestine
5. Aidan song
6. Elvira
7. Revenir bientôt
8. Loulou
9. Pour la main gauche
10. J'en avais envie aussi
11. Machines absurdes
12. Cantilène
Comme disait la pub, un peu de finesse dans ce monde de brutes : William Sheller dans son dernier album nous donne tout ce pour quoi on l’aime. Et plus encore.


Ce carnet de croquis que nous livre William Sheller vaut bien des opéras ou des chansons beuglantes. Sheller est l’anti-Garou. Il nous fait entrer dans des paysages, nous fait visiter des contrées inconnues avec sa belle voix presque blanche et son piano pour seule arme. Pas besoin de chorégraphies sexy ou de clips peinturlurés. Son minimalisme est sa meilleure arme.

La surprise est d’autant plus grande que son précédent disque, Les machines absurdes, nous avait laissé un goût amer. On avait le sentiment que le chanteur était en fin de parcours : musiques et textes vides. C’était sans compter sur le côté Phénix de l’artiste qui renaît de ses cendres. Après des années de silence, il nous offre aujourd’hui son meilleur album.

A l’écoute de ces douze titres, dont trois instrumentaux et une reprise de la chanson Les machines absurdes, on est saisi par la grâce qui habite le moindre des titres. Jamais Sheller n’a mieux joué du piano, jamais il n’a mieux modulé son chant.

On retrouve son sens du romantisme et la nostalgie qui sourd de ses compositions comme une buée sur la terre après la pluie.
Et puis, nous entrons dans un monde qui ressemble à un village de Normandie, où la mer est à portée et à perte de vue, où la pluie est là pour rehausser l’impression de solitude. Chacun est seul et l’amour, s’il a été là, ne l’est plus. Il n’a laissé qu’un souvenir doux-amer.

Mon hôtel, Chanson d’automne, Revenir bientôt, J’en avais envie aussi, s’imposent dès la première écoute. Et les écoutes successives ne font que creuser et amplifier notre plaisir.

Dans l’idéal, voilà un disque qu’on aimerait écouter entre automne et hiver, dans une maison de campagne et devant un feu de bois. Une pavane pour nos amours défuntes et un boléro de Sheller.
Faisant partie du paysage, on avait oublié que l’artiste était aussi émouvant. Il nous le rappelle sans tambour ni trompettes, mais à l’aide de touches noires et blanches. Ceux qui ont eu le bonheur de le voir lors de ses spectacles en piano solo, auront le sentiment d’assister au concert en restant à la maison.

En ces temps de triomphe des fausses valeurs, laissez-vous tenter par la modestie.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Novembre 2004
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