1. Mon hôtel
2. Chanson d'automne
3. Toutes les choses qu'on lui donne
4. Clandestine
5. Aidan song
6. Elvira
7. Revenir bientôt
8. Loulou
9. Pour la main gauche
10. J'en avais envie aussi
11. Machines absurdes
12. Cantilène
Comme
disait la pub, un peu de finesse dans ce monde de brutes : William
Sheller dans son dernier album nous donne tout ce pour quoi
on l’aime. Et plus encore.
Ce carnet de croquis que nous livre William Sheller vaut bien
des opéras ou des chansons beuglantes. Sheller est l’anti-Garou.
Il nous fait entrer dans des paysages, nous fait visiter des
contrées inconnues avec sa belle voix presque blanche
et son piano pour seule arme. Pas besoin de chorégraphies
sexy ou de clips peinturlurés. Son minimalisme est sa
meilleure arme.
La surprise est d’autant plus grande que son précédent
disque, Les machines absurdes, nous avait laissé un goût
amer. On avait le sentiment que le chanteur était en
fin de parcours : musiques et textes vides. C’était
sans compter sur le côté Phénix de l’artiste
qui renaît de ses cendres. Après des années
de silence, il nous offre aujourd’hui son meilleur album.
A l’écoute de ces douze titres, dont trois instrumentaux
et une reprise de la chanson Les machines absurdes, on est saisi
par la grâce qui habite le moindre des titres. Jamais
Sheller n’a mieux joué du piano, jamais il n’a
mieux modulé son chant.
On retrouve son sens du romantisme et la nostalgie qui sourd
de ses compositions comme une buée sur la terre après
la pluie.
Et puis, nous entrons dans un monde qui ressemble à un
village de Normandie, où la mer est à portée
et à perte de vue, où la pluie est là pour
rehausser l’impression de solitude. Chacun est seul et
l’amour, s’il a été là, ne
l’est plus. Il n’a laissé qu’un souvenir
doux-amer.
Mon hôtel, Chanson d’automne, Revenir bientôt,
J’en avais envie aussi, s’imposent dès la
première écoute. Et les écoutes successives
ne font que creuser et amplifier notre plaisir.
Dans l’idéal, voilà un disque qu’on
aimerait écouter entre automne et hiver, dans une maison
de campagne et devant un feu de bois. Une pavane pour nos amours
défuntes et un boléro de Sheller.
Faisant partie du paysage, on avait oublié que l’artiste
était aussi émouvant. Il nous le rappelle sans
tambour ni trompettes, mais à l’aide de touches
noires et blanches. Ceux qui ont eu le bonheur de le voir lors
de ses spectacles en piano solo, auront le sentiment d’assister
au concert en restant à la maison.
En ces temps de triomphe des fausses valeurs, laissez-vous tenter
par la modestie.