1 - Wagers
2 - Gone too far
3 - After the prince and the showgirl
4 - All because you told me so
5 - Thundercats
6 - Snake eyes
7 - Stealing home
8 - John, 2/14
9 - Reseda casino
10 - Ten minutes
11 - Queen-sized tomb
12 - Flycatcher
Rough
dreams est le deuxième album du groupe Shivaree et il
lève une hypothèque. Comme ce disque est non seulement
bon, mais varié et riche, il prouve que Shivaree nest
pas le groupe dun seul album. Au contraire, il sagit
dune vraie réunion dartistes dont nous sommes
avides de connaître les prochaines métamorphoses.
Ambrosia Parsley est apparue, il y a un peu plus de deux ans
comme une Betty Boop plutôt allumée, accompagnée
dun groupe où batteur, guitariste, et clavier lépaulaient
en dispensant des ambiances de cabaret jazzy.
Bon, javoue, jai vu Ambrosia (quel beau prénom)
lors de son premier concert à Paris et jai été
envoûté par la force de sa voix, totalement différente
suivant quelle murmure ou quelle redevienne petite
fille. La force des individualités composant son groupe
ma aussi enthousiasmé. Quil sagisse
de Duke McVinnie aux guitares ou de Danny McGough aux claviers.
Ils sont capables de donner une vie scénique aux vignettes
déjantées que Shivaree a composées pour
son premier album.
Mais aujourdhui, nouvelle donne, le groupe a fait la synthèse
de ses expériences scéniques et nous offre un
disque enrichi, où la musique est variée entre
jazz, rock, folk et country. Ils me font penser aux enfants
de Tom Waits découvrant les recettes mélodiques
de Blondie.
Une chanson lente comme Stealing home apporte une touche indolente
de country minimaliste à une atmosphère moite
quon imagine à La Nouvelle-Orléans. John
2/14 apparaît comme le digne successeur de Goodnight moon.
On lécoute, on la réécoute et au
bout dune demi-journée, les voisins ont appelé
les pompiers pour quils semparent de vous comme
cette mélodie où simmisce un violon, sest
emparée de votre cortex.
Je pourrais vous parler de Reseda casino, titre qui nest
pas mal non plus. Mais jaimerais insister sur un point.
Lalbum compte 12 chansons et la durée totale est
de 39 minutes et 10 secondes. Cela implique que beaucoup de
titres sont ramassés et vont à lessentiel.
À lheure où les rockers se font séniles,
à lheure où le moindre CD dure 60 minutes,
la brièveté et la rapidité permettent à
lesprit rock de perdurer.
Pour conclure : Rough dreams est un bel exemple de métissage
et dinfluences bien digérées, passés
au mixer jusquà ce quun style unique voie
le jour. Plus je lécoute, plus jai envie
de lécouter. Ambrosia, tu es un drôle délixir
!