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     MuSiQueS
 
SHIVAREE
Rough dreams
(EMI – 2002)

1 - Wagers
2 - Gone too far
3 - After the prince and the showgirl
4 - All because you told me so
5 - Thundercats
6 - Snake eyes
7 - Stealing home
8 - John, 2/14
9 - Reseda casino
10 - Ten minutes
11 - Queen-sized tomb
12 - Flycatcher
Rough dreams est le deuxième album du groupe Shivaree et il lève une hypothèque. Comme ce disque est non seulement bon, mais varié et riche, il prouve que Shivaree n’est pas le groupe d’un seul album. Au contraire, il s’agit d’une vraie réunion d’artistes dont nous sommes avides de connaître les prochaines métamorphoses.

Ambrosia Parsley est apparue, il y a un peu plus de deux ans comme une Betty Boop plutôt allumée, accompagnée d’un groupe où batteur, guitariste, et clavier l’épaulaient en dispensant des ambiances de cabaret jazzy.

Bon, j’avoue, j’ai vu Ambrosia (quel beau prénom) lors de son premier concert à Paris et j’ai été envoûté par la force de sa voix, totalement différente suivant qu’elle murmure ou qu’elle redevienne petite fille. La force des individualités composant son groupe m’a aussi enthousiasmé. Qu’il s’agisse de Duke McVinnie aux guitares ou de Danny McGough aux claviers. Ils sont capables de donner une vie scénique aux vignettes déjantées que Shivaree a composées pour son premier album.

Mais aujourd’hui, nouvelle donne, le groupe a fait la synthèse de ses expériences scéniques et nous offre un disque enrichi, où la musique est variée entre jazz, rock, folk et country. Ils me font penser aux enfants de Tom Waits découvrant les recettes mélodiques de Blondie.

Une chanson lente comme Stealing home apporte une touche indolente de country minimaliste à une atmosphère moite qu’on imagine à La Nouvelle-Orléans. John 2/14 apparaît comme le digne successeur de Goodnight moon. On l’écoute, on la réécoute et au bout d’une demi-journée, les voisins ont appelé les pompiers pour qu’ils s’emparent de vous comme cette mélodie où s’immisce un violon, s’est emparée de votre cortex.

Je pourrais vous parler de Reseda casino, titre qui n’est pas mal non plus. Mais j’aimerais insister sur un point. L’album compte 12 chansons et la durée totale est de 39 minutes et 10 secondes. Cela implique que beaucoup de titres sont ramassés et vont à l’essentiel. À l’heure où les rockers se font séniles, à l’heure où le moindre CD dure 60 minutes, la brièveté et la rapidité permettent à l’esprit rock de perdurer.

Pour conclure : Rough dreams est un bel exemple de métissage et d’influences bien digérées, passés au mixer jusqu’à ce qu’un style unique voie le jour. Plus je l’écoute, plus j’ai envie de l’écouter. Ambrosia, tu es un drôle d’élixir !


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Juin 2002
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