Untitled Document
 

     MuSiQueS
 
SARAH SLEAN
Day one
(Up Above - 2006)

1. Pilgrim
2. Lucky me
3. Mary
4. california
5. Day one
6. Out in the park
7. Vertigo
8. When another midnight
9. The score
10. Your wish is my wish
11. Wake up
Sarah Slean écrit des poèmes, des textes, elle peint, elle aime J.D. Salinger, Leonard Cohen et Hermann Hesse. Piano et cordes accompagnent d’ambiances mélodieuses son album Day One.


Ah, on aimerait bien que l’amour ressemble aux albums qu’on écoute ! Quand on s’éprend d’un nouvel univers, on passe le disque en boucle sans ressentir aucun écœurement. On n’écoute plus que cela, quitte à en écœurer son entourage, ses voisins. On se dit qu’aucun autre album ne fera jamais naître autant d’émotions en nous. On est férocement monogame.

Et puis, une semaine ou quinze jours plus tard, on écoute un titre qui nous donne envie d’aller plus avant dans la découverte d’un album. On l’achète ou on le télécharge selon ses goûts et la peur du policier qui nous étreint.

Et, de nouveau, alors qu’on ne s’y attendait pas, on éprouve une émotion intense, quelque chose qui titille notre cœur rendu insensible par la surconsommation de masse.

Tout ça pour dire qu’après Jenny Lewis ou Cat Power, les dernières découvertes musicales qui décolleraient la cire d’oreilles n’ayant jamais connu de coton-tige, on se croyait à l’abri du danger, on n’allait pas craquer pour la première venue. On était à l’abri.

Et Sarah Slean est arrivée. Jolie brin de fille de 25 ans aux yeux bleus dont le quatrième album paru en 2004, daigne enfin franchir les frontières. Sarah est Canadienne et l’on suppose que la parution de Day one doit beaucoup à la Vague Canadienne qui déferle dans les bacs. Feist, Broken Social Scene, Arcade Fire. Le Canada est découvert en France comme un des pays où il se passe quelque chose, un pays où le rock a son mot à dire.

Voilà pourquoi Sarah Slean apparaît. L’histoire de la création de son disque est assez rocambolesque. À la suite d’une catastrophe, Sarah quitte Toronto où elle vit et compose pour se réfugier près d’Ottawa, dans une cabane où elle va s’isoler pendant quatre mois.

Ces mois seront une renaissance où elle composera tous les titres de son album ainsi que les dessins de la pochette. Et renaissance n’est pas un vain mot, car Sarah prédit l’avènement de temps nouveaux, venus mettre un terme à l’ambiance nauséabonde que nous connaissons. Cette renaissance aurait à voir avec ce que nous ressentons quand nous sommes au fond de la piscine et que nous donnons un grand coup de pied pour remonter et aspirer l’air frais.

Au jeu des sept familles, Sarah serait l’improbable fille de Tori Amos et de Rufus Wainwright. Day one gagne à être écouté plusieurs fois, car même si l’on est sensible à Lucky me ou Vertigo, il faut du temps pour appréhender l’ensemble de cette œuvre. Si l’amour ressemblait aux albums, voici ce qui se passerait : ému par certains détails de la musique, on aurait envie d’en savoir plus. Comme lorsqu’on rencontre quelqu’un et qu’on aimerait tout connaître de cette personne, alors qu’on ne la connaît que depuis un quart d’heure.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Février 2006
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés