1. Pilgrim
2. Lucky me
3. Mary
4. california
5. Day one
6. Out in the park
7. Vertigo
8. When another midnight
9. The score
10. Your wish is my wish
11. Wake up
Sarah
Slean écrit des poèmes, des textes, elle peint, elle
aime J.D. Salinger, Leonard Cohen et Hermann Hesse. Piano et cordes
accompagnent d’ambiances mélodieuses son album Day One.
Ah, on aimerait bien que l’amour ressemble aux albums qu’on
écoute ! Quand on s’éprend d’un nouvel univers,
on passe le disque en boucle sans ressentir aucun écœurement.
On n’écoute plus que cela, quitte à en écœurer
son entourage, ses voisins. On se dit qu’aucun autre album ne
fera jamais naître autant d’émotions en nous. On
est férocement monogame.
Et puis, une semaine ou quinze jours plus tard, on écoute un
titre qui nous donne envie d’aller plus avant dans la découverte
d’un album. On l’achète ou on le télécharge
selon ses goûts et la peur du policier qui nous étreint.
Et, de nouveau, alors qu’on ne s’y attendait pas, on éprouve
une émotion intense, quelque chose qui titille notre cœur
rendu insensible par la surconsommation de masse.
Tout ça pour dire qu’après Jenny Lewis ou Cat
Power, les dernières découvertes musicales qui décolleraient
la cire d’oreilles n’ayant jamais connu de coton-tige,
on se croyait à l’abri du danger, on n’allait pas
craquer pour la première venue. On était à l’abri.
Et Sarah Slean est arrivée. Jolie brin de fille de 25 ans aux
yeux bleus dont le quatrième album paru en 2004, daigne enfin
franchir les frontières. Sarah est Canadienne et l’on
suppose que la parution de Day one doit beaucoup à la Vague
Canadienne qui déferle dans les bacs. Feist, Broken Social
Scene, Arcade
Fire. Le Canada est découvert en France comme un
des pays où il se passe quelque chose, un pays où le
rock a son mot à dire.
Voilà pourquoi Sarah Slean apparaît. L’histoire
de la création de son disque est assez rocambolesque. À
la suite d’une catastrophe, Sarah quitte Toronto où elle
vit et compose pour se réfugier près d’Ottawa,
dans une cabane où elle va s’isoler pendant quatre mois.
Ces mois seront une renaissance où elle composera tous les
titres de son album ainsi que les dessins de la pochette. Et renaissance
n’est pas un vain mot, car Sarah prédit l’avènement
de temps nouveaux, venus mettre un terme à l’ambiance
nauséabonde que nous connaissons. Cette renaissance aurait
à voir avec ce que nous ressentons quand nous sommes au fond
de la piscine et que nous donnons un grand coup de pied pour remonter
et aspirer l’air frais.
Au jeu des sept familles, Sarah serait l’improbable fille de
Tori Amos et de Rufus Wainwright. Day one gagne à être
écouté plusieurs fois, car même si l’on
est sensible à Lucky me ou Vertigo, il faut du temps pour appréhender
l’ensemble de cette œuvre. Si l’amour ressemblait
aux albums, voici ce qui se passerait : ému par certains détails
de la musique, on aurait envie d’en savoir plus. Comme lorsqu’on
rencontre quelqu’un et qu’on aimerait tout connaître
de cette personne, alors qu’on ne la connaît que depuis
un quart d’heure.