LOVERS
ROCK
Trois Australiens inconnus emmenés par un petit génie
du rock (Luke Steele) sortent un premier album touche-à-tout
frappé du sceau de la grande classe.
Avant toute chose, il faut le savoir, The Sleepy Jackson est moins
un véritable groupe que la créature du seul Luke Steel.
Et si son frère Jesse fait partie du trio, c’est pur
miracle quand on sait le nombre de musiciens qui ont fait les frais
du caractère totalement incontrôlable du personnage,
gros consommateur, dit-on, de substances plus ou moins licites…
Tout ça pour dire que ces Australiens (originaires de Perth)
qui débarquent avec leur premier album (après deux
Ep’s) doivent tout à ce leader hors norme.
Un leader qui lui-même est allé chercher l’inspiration
chez les plus grands, anciens (Beach Boys, Beatles…) et modernes
(Beck, Mercury Rev…), pour un album kaléidoscopique
qui, en 13 chansons, balaie tous les genres, tous les styles ou
presque, sans souci de cohérence musicale mais avec une égale
facilité.
Spontané et sophistiqué
Tout est brillant dans cet album. Que Luke Steel aborde la new-wave
(Rain falls for wind) ou la country (Miniskirt et Dirty farmer),
les harmonies “wilsonniennes” (This day) ou l’électro-pop
(Tell the girls that I’m not hanging around), le rock joyeux
de Supergrass (Vampire racecourse) ou la balade dylanienne (Come
to this) tout est juste et intelligent. On trouve même une
touchante chansonnette fredonnée par une fillette seulement
accompagnée par un piano discret (Morning bird), comme The
Clash l’avait fait sur Sandinista avec une interprétation
enfantine de Guns of Brixton.
Finalement, Lovers est une sorte de disque de voyage. Voyage dans
l’espace et dans le temps. Sauts de puce ou bonds de géant.
Mais chaque destination, chaque chanson est un pur enchantement,
à la fois simple et éblouissante, spontanée
et sophistiquée. On n’a jamais l’impression d’un
empilement hétéroclite mais plutôt d’une
succession de divines surprises qu’on ne se lasse pas de redécouvrir.
Un peu comme les amoureux du titre de l’album…
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2003
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