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SONS OF THE DESERT
Goodnight noises everywhere...
(Universal Music - Jazz France - 2002)

1 - Reading machine
2 - Fetch and carry
3 - The birds
4 - Warning to the curious
5 - Go back
6 - Thing
7 - Come over see
8 - Rusty
9 - The shackles of life
10 - Skullhead
11 - Engineers
12 - Trickswitch
Extraordinaires Cannibal hood Carnival hat en 1992 et Greedy en 1996. Extraordinaires et malheureusement introuvables aujourd’hui. Quel dommage ! Du coup, entre combien de mains ont bien pu circuler mes propres exemplaires ! Raretés involontaires ils ont pris au fil du temps plus de valeur que de rides. Et aujourd’hui encore il suffit que je les fasse écouter pour qu’on m’en quémande le prêt. En général, ils me sont rendus dans des délais frisant le vol par omission, mais bon, ce n’est pas trop grave parce que je les connais par cœur et qu’il y a au fond de moi cette légitime fierté d’avoir fait de nouveaux adeptes.

Les Sons of the Desert et leur quasi-confidentialité sont pour moi (et tous ceux décrits ci-dessus) une véritable énigme. Aussi brillants sur disque que sur scène, ces Anglais, bretons d’adoption (ils sont installés dans le 22 !), n’ont pas encore éclaté au grand jour et c’est une véritable énigme.

Enfin, pas tout à fait une énigme. En fait, c’est triste à dire, mais si Ewan Shiels - le leader-auteur-compositeur - n’était pas une telle tête de lard, non seulement vous connaîtriez tous les Sons of the Desert, mais vous en seriez tous fans. Le talent, l’inventivité, la finesse musicale dont cet Ewan-là est capable sont édifiants. Mais en dehors de son art, c’est un personnage insupportable, à la rock’n’roll attitude exacerbée et déplacée, qui ne manque pas de cracher dans la soupe dès que la louche approche et n’hésite pas à être odieux dès qu’il en a l’occasion. Véritable enfant de la balle, issu du milieu du cirque, marionnettiste à ses débuts, Ewan Shiels est un génie, certes, un artiste formidable, c’est sûr, mais il est invivable. Y compris pour les grandes maisons de disques et leurs représentants dont il n’a pas hésité, il y a quelques années, à bousiller les voitures en sautant dessus à pieds joints juste au moment de signer un contrat sérieux et de bon aloi. Le genre de truc qu’on peut se permettre quand on n’est pas à un contrat près. Ce qui n’est pas encore son cas, malheureusement...

Ceci étant dit, on pensait bien, avec douleur mais certitude, que nos Sons of the Desert étaient passés à la trappe et qu’ils avaient inéluctablement ouvert un troquet pour subsister dans leur Bretagne adoptive. Et voilà-t-y-pas que sort le 12 mars dernier un nouveau disque, le troisième ! Quelle joie mes amis ! Quelle joie de se replonger dans l’univers si particulier des œuvres composées par Ewan Shiels ! Mâtinées de free-jazz, rock-destroy, country, ballade irlandaise et emmenées par la voix magnifique de Tracey Shiels, sa femme, comme son nom l’indique. Une voix pure, naturelle, sans effets déplacés ; une vraie voix de vraie chanteuse, touchante, efficace, impeccable. Ewan aussi chante bien, d’une voix très personnelle. Mais surtout, c’est un chef d’orchestre fabuleux, un arrangeur hors pair et un inventeur fou.

Son instrument à lui, c’est la mandoline. Omniprésente mandoline à qui il fait subir un tas d’outrages jubilatoires, à la sauce chorus, à la sauce wah-wah, distorsion, fuzz et autres effets qu’on n’imaginait pas possibles d’infliger à une mandoline.

Et autour des voix et de la mandoline de Tracey et Ewan, il y a plein d’autres musiciens, en particulier une contrebasse, des percussions, une trompette bouchée, un sax, une clarinette, une guitare... Un vrai orchestre pour une série de morceaux chaleureux, étonnants, drôles et excitants, avec pour point d’orgue un Go Back a capella, où Tracey nous la joue Marilyn Monroe dans les graves à vous donner des frissons.

Il est grand temps de vous connecter à ces fils du désert là : vos oreilles et votre cœur les méritent bien. Et si par hasard vous avez l’occasion de les voir sur scène, courez-y : le spectacle y est toujours au rendez-vous !


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Avril 2002



Site : Attention. Il n’y a pas (encore ?) de site sur ces S.O.D là. Ceux que vous indiqueront vos moteurs de recherche vous embarqueront aux Etats Unis vers un insipide groupe texan ou en Allemagne vers un trio burlesque très affligeant.
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