1. Putain ça penche
2. J'aimais mieux quand c'était toi
3. Bonjour tristesse
4. La vie Théodore
5. En collant l'oreille sur l'appareil
6. A cause d'elle
7. Et si en plus y'a personne
8. Le mystère
9. Le marin
10. L'île du dédain
11. Lisa
Un
nouvel album qui tombe à pic pour nous rappeler la place
d’Alain Souchon dans la chanson française : au
tout premier rang.
Alain Souchon a attendu cinq ans pour nous offrir son nouvel
album, La vie Théodore. À 61 ans, le bel Alain
nous donne de ses nouvelles et l’âge mûr lui
va bien.
Alain Souchon est devenu au fil des ans un incontournable. Quelqu’un
qui compte dans l’univers de la chanson française,
quelqu’un qui a des choses à dire et que l’on
écoute.
À ce titre, l’album compte au moins deux chansons
qu’il nous faut qualifier de merveilleuses. Et si en plus
y'a personne et La vie Théodore. La première,
sur une musique magnifique de Voulzy, traite de la possibilité
de l’absence de Dieu. Et la seconde nous présente
le parfait antidépresseur à nos vies tristes.
Dit comme cela, vous allez penser que Souchon est devenu une
philosophe proche de BHL. C’est mal connaître le
bonhomme qui nous saupoudre ses textes d’humour et d’ironie.
Par exemple, la première chanson, Putain, ça penche,
est uniquement composé de noms de marques. Ces marques
qui ont acquis une importance essentielle pour une bonne partie
des gens. Marques de sodas, marques de fringues. Pour Souchon,
il faut résister aux tentatives d’abrutissement
qui nous empêchent de rester une foule sentimentale.
Dans une chanson sur la télé, on trouve cela :
"Nous les assis devant / Nous le parterre / Nous les ci-devant
/ Damnés de la terre / On voudrait le monde meilleur
/ On voudrait le monde mieux".
Album aussi sombre que la photo de pochette de Paolo Roversi,
il colore de noir les thèmes récurrents de La
Souche. Les musiques ont beau, pour la plupart, être sautillantes,
il se dégage des onze titres, une puissante mélancolie.
Ah, Souchon, si tu continues comme ça, tu vas nous faire
penser à Barbara, cette merveilleuse dame avec qui il
était si beau d’être désespéré.
À la première écoute, on peut trouver la
chanson sur Sagan un peu de circonstance. On peut juger certains
arrangements comme ayant tendance à surcharger l’ensemble.
Michel Coeuriot qui a produit le disque a eu la main lourde.
En fait, les musiques sont soit signées par Voulzy, Pierre
Souchon et Alain lui-même. Peut-être cette triple
signature nécessite davantage d’harmonisation.
Pierre Souchon ayant tendance à écrire des rythmes
plus légers, Voulzy chiadant la mélodie et Alain
lui-même ayant un don pour la ligne claire et la mélodie
imparable.
N’oubliez pas une vérité qui a tendance
à relativiser le paragraphe précédent :
un album de Souchon, plus on l’écoute, plus on
l’aime. Celui-ci ne fait pas exception à la règle.
Il nous émeut et nous touche au fond du cœur, là
où c’est velours-velours.