1. This town ain’t big enough for both of us
2. Amateur hour
3. Falling in love with myself again
4. Here in heaven
5. Thank God it’s not Christmas
6. Hasta mañana Monsieur
7. Talent is an asset
8. Complaints
9. In my family
10. Equator
11. Barbecutie
12. Lost and found
Trente
ans plus tard, il est encore temps de (re)découvrir les
Sparks, fous géniaux et précurseurs, au travers
de leur meilleur album, souvent copié, jamais égalé.
Un de mes premiers chocs of the pop !
1974, un samedi soir sûrement, sur l’écran
noir et blanc du téléviseur familial, deux énergumènes
à l’allure relativement inquiétante émettent
une musique complètement folle. Il y a un petit échevelé-ébouriffé-frisé,
sur le devant, qui se dandine au micro et, en arrière
plan, derrière un clavier, un grand échalas, mèche/moustache
à la Hitler et une poupée à un doigt (j’entends
encore mon père à la fois navré et amusé
diagnostiquer : "Il doit avoir un panaris"). Et cette
musique complètement folle : orgue, coups de feu, guitares
électriques, percussions… sur laquelle le petit
imprime sa voix aiguë, tempo haché, hurlements de
castafiore… et qui s’achève d’ailleurs
comme un opéra. Subjugué. J’étais
subjugué, sans savoir qui étaient ces deux numéros,
ni d’où ils sortaient ni comment s’appelait
ce morceau. Ce n’est que des années plus tard que
j’ai pu faire le lien entre ce souvenir et le fabuleux
This town ain’t big enough for both of us des frères
Mael, alias les Sparks.
Ron (le grand maigre) et Russel (le petit) Mael sont américains.
D’abord Halfnelson au tout début des années
70, ils sont rapidement devenus Sparks (étincelles !)
car leur maison de disques leur reprochait qu’ils n’en
fassent pas assez, précisément, des étincelles.
Leurs deux premiers albums (dont l’excellent A woofer
in tweeter’s clothing en 72) n’ayant donc pas fait
de prouesses commerciales, c’est de l’autre côté
de l’Atlantique qu’ils sont venus faire éclater
leur exceptionnel talent. A Londres, en 74, vous pensez bien
que la vague Glam-Pop était toute disposée à
accueillir de nouveaux excentriques de cette trempe ! Alors
c’est sur les bords de la Tamise qu’ils ont écrit
et enregistré leur meilleur album d’une excellente
série de cinq en cinq ans.
Dans le sillage des Bowie-Ziggy, des Roxy Music, des Marc Bolan-T-Rex,
des Mott The Hoople, nos Sparks ne déparent pas, bien
au contraire : ils apportent une pierre fondamentale à
l’édifice, une sorte de fraîcheur à
base d’humour, d’invention et de tempos plus sautillants,
plus légers… annonciateurs de la musique électronique
à venir. Car les Sparks ne sont pas des rockers purs
et durs : ils sont ouverts à toutes sortes de musiques,
de styles qu’ils vont développer (avec plus ou
moins de bonheur) tout au long de leur carrière (qui
dure encore aujourd’hui).
Kimono my house, par sa variété, par l’excellence
des mélodies de Ron, par l’originalité des
interprétations de Russel (quelle voix !) et par la force
qu’il dégage, est assurément l’un
des grands albums oubliés des seventies. Enfin, oublié…
pas pour tout le monde, parce que je peux vous dire qu’à
son écoute attentive, on constate combien sont venus
y récupérer des pièces !
Sites : www.allsparks.com
(officiel). Et pour les fans, la tenue d’une convention
internationale Sparks les 26 et 27 février à Calais,
au programme très bon enfant (concours de déguisement
en Ron Mael, soirée dansante, etc.). Renseignements sur
www.bewlay-brothers.com.