1. I'm The Greatest
2. Have You Seen My Baby?
3. Photograph
4. Sunshine Life For Me
(Sail Away Raymond)
5. You're Sixteen
6. Oh My My
7. Step Lightly
8. Six O'clock
9. Devil Woman
10. You and Me (Babe)
11. It Don't Come Easy
12. Early 1970
13. Down and Out
RINGO
ENFIN STAR Les
quatre Beatles sur un même album... mais jamais sur le même
titre !
1973
: les Beatles sont séparés depuis 3 ans. Empêtrés
dans leurs multiples problèmes financiers, ils se sont affrontés,
devant les tribunaux et aussi parfois par disques interposés.
Le paroxysme de la tension a été atteint en 1971 lorsque
John Lennon régla le compte de son ancien partenaire Paul McCartney,
à travers une chanson fielleuse, How do you sleep, avec la
participation de George Harrison à la guitare. Ringo Starr,
présent lors de l'élaboration de la chanson, avait préféré
s'en aller, ne trouvant pas la plaisanterie de bon goût.
Car Ringo avait toujours été un élément
de cohésion au sein des Beatles, et il avait toujours émis
le souhait de voir le groupe se reformer. Il va presque y arriver,
en réussissant à faire figurer les trois autres Beatles
sur son propre album, mais jamais sur le même titre !
Le premier grand succès
Les deux premiers albums solo de Ringo n'avaient connu qu'un succès
d'estime, et celui-ci voulait enfin connaître un grand succès
commercial, qu'il n'avait pu atteindre qu'avec ses singles It don't
come easy et Back off Boogaloo. Ringo Starr part donc pour Los Angeles,
choisit un producteur en vogue, Richard Perry, et s'entoure d'une
pléiade de stars : George Harrison écrit ou co-écrit
trois titres sur l'album, dont Photograph, une ballade plaintive qui
atteindra les plus hautes places des charts anglais et américains.
Harrison joue sur ces trois titres, ainsi que sur un quatrième,
I'm the greatest, où Ringo reprend ironiquement son personnage
fictif de Billy Shears qui avait été créé
pour l'album des Beatles, Sgt. Pepper. D'ailleurs, I'm the greatest
est le titre sur lequel on se rapproche plus que jamais de la réunion
des Beatles : John Lennon a composé ce titre, y joue du piano,
chante derrière Ringo, pendant qu'Harrison assure toutes les
parties de guitare. (Une note pour les amateurs : il existe en disque
pirate une longue session d'enregistrement où Lennon chante
ce titre, accompagné par George et Ringo). Mais c'est Klaus
Voorman, ami des Beatles depuis leurs débuts à Hambourg,
qui est à la basse.
Qu'il ait voulu participer ou non, Paul McCartney était de
toute façon interdit de visa aux Etats-Unis, à cause
de son arrestation récente pour possession de drogue. Cela
ne l’empêche pas, via des sessions d'enregistrement en
Grande-Bretagne, d'être présent sur deux autres titres
: au piano et aux chœurs sur sa propre composition Six O'clock,
et pour un solo de kazoo sur l'autre grand tube de l'album, You're
sixteen, sympathique reprise d'un vieux succès de Johnny Burnette.
Un carnet d'adresses bien remplit
Mais Ringo compte bien d'autres amis parmi les stars ! Have you seen
my baby, composition de Randy Newman, qui comprend la participation
énergique de Marc Bolan (T-Rex)
à la guitare. Sunshine life for me, une des trois compositions
de George Harrison, peut s'enorgueillir, en plus de la présence
de George lui-même, de la présence que la quasi-totalité
des membres de The Band. Ajoutez pêle-mêle quelques noms
comme ceux de Steve Cropper, Nicky Hopkins, Harry Nilsson, et vous
aboutissez à un des plus fameux castings jamais réunis
sur un même album. Ringo ne manque pas d'ailleurs de remercier
tout le monde à la fin du dernier morceau du disque, You and
me (babe), et la pochette nous montre Ringo en premier plan, avec
derrière lui toutes les personnes ayant participé à
l'album.
Toutefois, aligner un maximum de stars sur un même disque n'est
pas forcément la garantie de faire de la bonne musique. "Le
pire groupe avec lequel j'ai joué comprenait Eric Clapton,
Elton John, Keith Richards, Ronnie Wood et moi-même", a
déclaré Ringo. "Trop de leaders, ça ne marchait
pas". Heureusement, ici, la formule a fonctionné : des
compositions accrocheuses, jouées par de nombreux musiciens
de talent, renforcées par les arrangements commerciaux "juste
ce qu'il faut" de Richard Perry. Tous ces ingrédients
permettent à l'ex-batteur des Beatles d'obtenir ce qui restera
son plus grand succès commercial : Ringo se classe n° 6
en Grande-Bretagne et n° 2 aux Etats-Unis. Dans les années
qui suivront, Ringo Starr tentera de rééditer ce succès
avec la même formule (des stars à gogo), mais jamais
il ne remontera au même niveau (aussi bien musical que commercial),
à l'exception peut-être de l'album Vertical
man en 1998 qui, s'il n'a pas fait frémir les
hit-parades, est de qualité comparable. On y retrouve d'ailleurs
Paul McCartney, George Harrison, Brian Wilson, Alanis Morissette,
Tom Petty... Décidément, que ferait Ringo sans son carnet
d'adresses ?