| Un
album émouvant qui démontre que la pop anglaise peut
toucher au coeur
Le premier album de Starsailor (Love
is here), sorti il y a 2 ans, avait surpris par sa force et
son authenticité. Ces qualités avaient pu apparaître
comme des défauts : trop de tripes à l’air,
trop de lyrisme, pas assez de recul. Cependant, il y avait une alchimie
entre la voix de James Walsh, le chanteur, et la musique pleine
d’envolées.
La presse anglaise friande des petits groupes qui
montent, a rangé Starsailor derrière la bannière
de Coldplay, en se demandant si le succès de Coldplay ne
risquait pas de faire de l’ombre aux copains de James Walsh.
Aujourd’hui, Starsailor sort Silence is easy.
Un disque qui se paye le luxe d’avoir deux titres produits
par Phil Spector, le célèbre producteur des années
60 et qui n’avait rien produit depuis 1980. Le plus troublant
est que l’album est homogène et que les titres semblent
tous produits par la même personne.
Les Gallois de Starsailor ont grandi. La musique
n’est plus pour eux une dernière chance d’avoir
une vie décente, la musique est leur vie. Le succès
leur a permis de devenir ce qu’ils avaient envie d’être
: des musiciens.
Si leur musique a un peu perdu de spontanéité,
elle a gagné en force. Les onze titres de l’album n’excèdent
pas 40 minutes. Les chansons sont concentrées, ce qui augmente
leur pouvoir émotif et leur impact. La voix de James Walsh
s’est affermie. Elle est vibrante et fait penser à
Jeff Buckley. Ça n’est pas étonnant : leur nom
de groupe est un hommage à un album de Tim Buckley et ils
revendiquent leur admiration pour Jeff.
La chanson titre de l’album est un modèle
du genre. En l’écoutant, on est pris d’une envie
de se dégourdir les gambettes. En même temps,, on est
emporté par quelque chose de puissant. Spector qui a produit
ce titre y ajoute une touche angélique.
Quand un chroniqueur veut faire comprendre qu’il
aime particulièrement l’album dont il parle, il est
d’usage qu’il prétende que ce disque tourne sans
cesse sur sa platine. En l’occurrence, c’est vrai.
Silence is easy fait partie de ces musiques dans
lesquelles on a envie de s’immerger. Les orchestrations sont
amples et les mélodies font appel à l’émotion,
aux éléments de pureté qu’à défaut
d’avoir en nous-mêmes, nous cherchons en autrui.
Philippe Sendek
© Jowebzine.com – Octobre 2003
|