SUFJAN
STEVENS
Greetings from Michigan,
the Great Lake state
(Asthmatic Kitty / Chronowax - 2003)
1. Flint
2. All good naysayers,
speak up! Or forever hold your peace !
3. For the widows in paradise ;
for the fatherless in Ypsilanti
4. The upper peninsula
5. Say YES ! to Michigan !
6. Tahquamenon Falls
7. Holland
8. Oh Detroit, lift up your weary head
9. Romulus
10. Alanson, crooked river
11. Sault Saint Marie, sleeping bear
12. They also mourn who do not wear black
13. Oh God where are you now?
14. Redford
15. Vito’s ordination song
A
LA DECOUVERTE DE L'AMERIQUE
Le but affiché de Sufjan Stevens est de réaliser
un album pour chacun des 50 états qui composent son pays.
Attachez votre ceinture et ouvrez vos oreilles : la visite commence
par le Michigan.
Il n’a pourtant que 29 ans, mais il se pourrait bien que
l’on entende encore parler de Sufjan Stevens pendant une
quarantaine d’années. La "faute" à
son pari un peu fou (voire carrément barré ou
impossible) de réaliser un album différent pour
chacun des 50 états de son pays de naissance, les Etats-Unis
d’Amérique.
Cette quête de l’impossible a on ne peut mieux commencé
en 2003 avec la sortie de Greetings from Michigan, the Great
Lake state, un album hommage à son état d’origine
(Sufjan est né à Détroit).
Chacun des titres du disque reprend un nom de ville, de réserve
naturelle ou de zone géographique du Michigan. Ainsi,
de Flint (for the unemployed and underpaid), où l’auteur
évoque cette ville gravement touchée par la récession
économique, à Say yes ! to Michigan (où
il invite l’auditeur à s’attarder dans cet
état qui a apporté au monde, entre autres, la
voiture et Joe Louis), on voyage à travers un des états
dont on ne connaît, bien souvent, rien de plus que Detroit
et General Motors, en s’attardant sur tel ou tel lieu
que l’auteur affectionne tant. Un vrai parcours initiatique.
Au-delà du texte, il y a également la musique.
On savait que notre homme était un grand en devenir.
Déjà en 2000, sur A sun came, il avait prouvé
son talent dans l’écriture de grandes et belles
chansons. Son escapade malheureuse l’année suivante
avec l’album Enjoy the rabbit (album d’éléctro
indigeste) avait quelque peu refroidi nos ardeurs.
Qui se réchauffent rapidement dès les premières
notes de Greetings from Michigan. Si l’album a une tonalité
très folk pop, il reste toutefois assez ouvert musicalement.
Et le nombre d’instruments utilisés lors de l’enregistrement
(et tous joués par Sufjan) en est la preuve : piano,
orgue électrique, banjo (qui fait merveille sur For the
widows in paradise, for the fatherless in Ypsilanti, LA chanson
de l’album, une des plus belles de 2003), guitare électrique,
trompette, tambourin, flûte… Au total, plus de 23
instruments, qui donnent à l’album une couleur
particulière.
Mélangeant titres enjoués (Detroit, lift up your
weary head, Say yes to Michigan) et balades intimistes (Romulus,
Vito’s ordination song), ce Greetings from Michigan est
un vrai bonheur pour les oreilles. Tout simplement.
En 15 chansons, Sufjan Stevens réussit donc l’impossible:
faire découvrir son état d’origine, son
histoire, sans jamais lasser.
Après avoir rendu un brillant et vibrant hommage à
son état de naissance, Sufan Stevens serait sur le point
de finir le second opus de l’opération "The
50 states", qui devrait être consacré à
l’Illinois. Un album de chutes de Greetings from Michigan
devrait auparavant voir le jour en mars prochain, sous le titre
Seven Swans.
Sufjan Stevens regorge donc d’idées, de chansons,
de compositions. Et à l’écoute d’un
album de la qualité de Greetings from Michigan, ce n’est
certainement pas l’auditeur qui va sans plaindre, trop
heureux de pouvoir visiter les Etats-Unis sans dépenser
des milliers d’euros.
A noter : sur le site officiel de l’album
(www.sufjan.com/michigan),
il est possible d’écouter toutes les chansons qui
le composent. Une section mp3 permet même de télécharger
quelques morceaux qui n’ont pas été retenus
pour la version finale de Greetings from Michigan.