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     MuSiQueS
 

THE STROKES
First impressions of Earth
(RCA - 2006)

1. You only live once
2. Juicebox
3. Heart in a cage
4. Razorblade
5. On the other side
6. Vision of division
7. Ask me anything
8. Electricityscape
9. Killing lies
10. Fear of sleep
11. 15 minutes
12. Ize of the world
13. Evening sun
14. Red light

Rentrée 2001, rappelez-vous : atterrissait dans les bacs un album à la pochette sexy en diable : une main féminine gantée de noir négligemment posée sur une courbe non moins féminine et négligemment offerte. A l'intérieur (de la pochette), onze titres qui sonnaient le réveil du rock à guitare. Onze titres qui donnaient le coup d'envoi du déferlement des groupes en "The" et de ces bonnes vieilles décharges d'adrénalines que la scène rock ne nous offrait plus qu'avec parcimonie.

Depuis, un deuxième album (Room on fire) était venu enfoncer le clou planté par Is this it. Accumulation de rock-songs limpides que Julian Casablancas et sa bande alignaient comme à la parade et sans jamais paraître réaliser le moindre effort. Album de surdoués légèrement boudé par une critique qui se réjouissait d'avance de voir les fils de bonne famille se prendre les pieds dans leurs pédales wha-wha… et qui en fut pour ses frais !

Autant dire qu'avec First impressions of Earth, les Strokes sont attendus au tournant et que leur prestation millésimée 2006 a fait l'objet d'un décorticage méticuleux. Verdict sans appel : somptueux !

En brisant net la tentation commune de choisir la voie de la sagesse et de la beauté formelle (et fade), les New Yorkais ont, au contraire, pris le parti de la rage et de l'énergie brute. A partir d'embryons de mélodies inutilisables par n'importe quel autre groupe normalement constitué, les Strokes tissent autant d'hymnes électriques survoltés qui oscillent entre Blondie (Heart in cage) et Nirvana (Vision of division).

Produites par David Khane, à qui l’on doit le Driving rain de Paul McCartney, et mixées par Andy Wallace (Nevermind de Nirvana et Grace de Jeff buckley), les Premières impressions de la Terre sont surtout marquées une prise de pouvoir des guitares (plus présentes, plus musclées) et du chant d’un Casablancas décomplexé. Autant de puissance affichée qui doit beaucoup au groupe de death metal (non crédité) qui enregistrait au même moment à l’étage du dessus ! Il suffit d’ailleurs d’écouter Juicebox, premier single extrait de l’album , pour se convaincre de la véracité de l’anecdote.

N’allez pas en déduire un monolithisme de mauvais aloi. Au contraire, First impressions of Hearth varie constamment les plaisirs , des refrains enjoués (Red light, Electricityscape ou Razorblade) aux plages plus sensibles (parmi lesquelles le troublant Ask me anything et son violoncelle entêtant) et aux rocks accrocheurs (Vision of division). Une belle diversité qui confirme que le revival du rock n’est pas mort !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Janvier 2006
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