NO
FUTURE
Un dernier tour de piste posthume pour Joe Strummer. À réserver
aux fans inconditionnels de l’ancien Clash. Au revoir Mr Strummer.
Et encore merci.
Il y a forcément beaucoup d’émotion à
trouver dans les bacs, dix mois après sa disparition, un
nouvel (dernier) album de Joe Strummer. On a beau pester régulièrement
contre l’exploitation forcenée des fonds de tiroirs
de « ces chers disparus » (La rentrée discographique
des morts-vivants), on ne résiste pas une seconde au besoin
viscéral d’entendre encore sa voix, de découvrir
ses ultimes compositions, d’écouter ses derniers messages.
Mais peut-on parler de fonds de tiroirs quand on
sait que l’ex-Clash était en période d’enregistrement
quand la mort l’a débusqué ? De nombreuses chansons
étaient enregistrées, les pistes de travail étaient
tracées, il n’y avait plus qu’à…
Il n’y avait plus qu’à installer les parties
instrumentales, travailler les arrangements, presser et packager
le tout, puis livrer Streetcore à la postérité.
Et aux fans.
Session d’enregistrement
Car, pour être honnête, ce tour de
piste final s’apparente plus à une session de répétition
haut de gamme qu’à un enregistrement « définitif
». Passés les deux premiers titres (Coma girl et Get
down Moses) qui ont manifestement bénéficié
d’arrangements plus élaborés, tout comme Ramshackle
day parade, les sept autres chansons qui composent ce court album
ressemblent plutôt à des démos sophistiquées.
Et pourtant, miracle de la nostalgie et de l’absence,
il y a une charge émotionnelle immense à écouter
Joe Strummer, s’accompagnant seul à la guitare, interpréter
le magnifique Long shadow, reprendre la Redemption song de Bob Marley
ou terminer par un country-blues, Silver and gold, une autre reprise,
à la fois si éloigné de son œuvre et si
proche de sa personnalité. Tout est bon à prendre
quand on sait que c’est la toute fin, même sa nasillarde
voix off, sur l’instrumental Midnight jam.
Streetcore se termine. On sèche une larme
furtive et on vous dit respectueusement au revoir, Mr Strummer.
Ce dernier opus n’était sans doute pas le meilleur,
mais on en aurait voulu à votre maison de disque et à
vos Mescaleros de ne pas nous l’avoir proposé.
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2003
Sites :
- www.strummersite.com
- www.strummernews.com
- www.joestrummer.com
- www.strummerville.com
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