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     MuSiQueS
 
SUEDE
A new morning
(Sony Music - 2002)

1 - Positivity
2 - Obsessions
3 - Lonely girls
4 - Lost in TV
5 - Beautiful loser
6 - Streetlife
7 - Astrogirl
8 - Untitled... morning
9 - One hit to the body
10 - When the rain falls
11 - You belong to me (bonus track)
Soyons honnêtes : depuis une belle soirée de juin 1999, dans un Olympia surchauffé, Suede est classé un peu à part dans notre Panthéon rock personnel. Les cinq Anglais avaient, ce soir-là, donné tout et un peu plus à un public qui leur avait bien rendu l’énergie dépensée.

Emmenés par Brett Anderson, une grande asperge électrique, Suede (baptisé ainsi en hommage à Morissey et à sa chanson Suedehead) produit depuis 1993 une pop teintée de glam-rock directement inspirée par Bowie et Morissey justement. Après des débuts tonitruants et un premier album éponyme rentré directement en tête des charts britanniques, les Suede ont vécu une difficile traversée du désert entre errance créative et implacable emprise de la drogue.

Pourtant, avec Coming up en 1996 et surtout Head music en 1999, dernier album paru avant celui-ci, Suede, après avoir touché le fond, avait été capable de donner l’impulsion salvatrice, de celles qui permettent de remonter à la surface. Mieux que ça, plusieurs titres de ces albums et les tournées qui ont suivi ont prouvé aux observateurs que ce groupe-là avait encore beaucoup à donner.

Dès lors l’arrivée du cinquième album de Suede est un événement d’une certaine importance sur la scène pop-rock. D’autant que le titre retenu, A new morning, marque clairement leur volonté de repartir sur des bases saines, celles de l’authenticité, du retour à l’essence même du groupe : une pop respectueuse de ses racines, à l’ambition innovatrice mesurée mais scrupuleuse sur la sincérité de sa création.

Et effectivement, A new morning offre ce qu’il promet : une collection de chansons urbaines inimitables (la Suede touch, ou plutôt la Brett Anderson touch), à la mélodie parfaite et à la production jamais surfaite, assez légère, même. Les guitares grêles sont là, tout comme le piano et surtout cette voix en idéale harmonie, cette voix de Bowie jeune qui rend Suede tellement indispensable.

Pourtant, cette fois-ci l’électricité est plutôt réglée sur « basse tension » et l’on compte plus de ballades désenchantées que d’envolées pailletées et maquillées. De Positivity à Astrogirl en passant par Lonely girls, c’est le calme serein qui prévaut aujourd’hui. Et même si Obsessions, Beautiful loser ou Streetlife redynamisent l’ensemble, on sent bien que l’humeur générale de cet automne est à l’apaisement.

Et après tout, pourquoi pas ? Il est bon de se poser, parfois, et de regarder la ville s’éveiller lentement entre pluie fine, éclairage urbain hésitant et léger brouillard glacé, en ce nouveau matin d’octobre…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2002
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