SUPERGRASS
In it for the money
(Parlophone - 1997)
1. In it for the money
2. Richard III
3. Tonight
4. Late in the day
5. G-Song
6. Sun hits the sky
7. Going out
8. It’s not me
9. Cheapskate
10. You can see me
11. Hollow little reign
12. Sometimes I make you sad
SUPERGRASS
Supergrass
(Parlophone - 1999)
1. Moving
2. Your love
3. What went wrong (in your head)
4. Beautiful people
5. Shotover hill
6. EON
7. Mary
8. Jesus came from outta space
9. Pumping on your stereo
10. Born again
11. Faraway
12. Mama & Papa
Alors
que EMI fête les dix ans de Supergrass en éditant
la première compilation du groupe, retour sur deux excellents
albums de ce combo essentiel.
En 1997, la sortie du deuxième album de Supergrass coïncidait
avec celle de Ok Computer de Radiohead. S’il est indéniable
aujourd’hui que l’album du groupe emmené
par Thom Yorke a entraîné une relecture du rock,
on ne peut pas pour autant oublier la formidable bouffée
d’air frais qu’a insufflé, et qu’insuffle
toujours, Supergrass sur la musique pop. Au fond, le seul tort
de Supergrass est d’avoir une image sympathique, de ne
pas paraître artistiquement crédible face à
des groupes plus "poseurs", plus susceptibles de marquer
l’histoire. C’est oublier qu’avant d’être
commémoré et intellectualisé, le rock est
une musique de l’émotion brute guidée par
l’instant.
À l'instar de I Should Coco, ce second album (In it for
the money) regorge de tubes indémodables. D’ailleurs,
nombre de ces morceaux, comme Richard III et Sun hits the sky,
figurent toujours dans les set list du groupe. D’autres
titres comme le puissant You can see me qui pourrait être
un inédit des Who, et surtout la magnifique ballade Late
in the day ou le très pop Hollow little reign, mériteraient
aussi d’être défendues sur scène.
Ce qui permettrait, par la même occasion, d’équilibrer
un set parfois un peu trop rock. Bref, In it for the money est
un album essentiel pour toute discothèque pop digne de
ce nom. Un disque impressionnant qui se paye le luxe de ne pas
contenir le subtil Melanie Davies (hommage à Ray ?),
soit une magnifique faces B d’influence pop qui figurait
dans les maxis de l’époque, sans parler du très
wilsonien We still need more (soit l’un des meilleurs
titres du groupe) que l’on retrouve dans la compilation
Supergrass is 10.
Le schéma classique qui voudrait que le troisième
album d’un groupe soit celui de sa maturité artistique
s’avère ici bien remis en cause. Certes, ce Supergrass
avait bien déçu à sa sortie, et ce n’est
pas Pumping on your stereo, son premier extrait, étrange
mélange entre Rebel rebel de Bowie et Satisfaction des
Stones, qui aurait pu enthousiasmer les foules.
Mais une fois la déception passée, on parvient
à retrouver la passion qui accompagne chaque nouvelle
production du groupe d’Oxford. D’une grande qualité
mélodique, ce disque se bonifie avec les écoutes.
On y retrouve toute la fougue des Supergrass sur les somptueux
Moving et Mary. Et certains titres plus atmosphériques,
à l’instar de l’excellent Born again, offrent
de nouvelles palettes au répertoire du groupe. Mais c’est
bien la magnifique ballade Faraway et sa structure très
inspirée par McCartney (Beautiful night, C’mon
people), qui se révèle être la plus grande
réussite de cet album. En résumé, Supergrass
bien que constituant l’album le plus faible du quartet,
se place sans difficulté au-dessus de la production pop
actuelle.