1. Tales of endurance (Parts 4,5 & 6)
2. St Petersbourg
3. Sad Girl
4. Roxy
5. Coffe in the pot
6. Road to Rouen
7. Kick in the teeth
8. Low C
9. Fin
Trois
ans après le brillant Life on other planets, qui avait
vu le groupe emmené par Gaz Combes effectuer un tonitruant
retour vers le rock énergique et sautillant de leur premier
effort I should coco, les Supergrass sortent Road to Rouen,
mini-album étrangement mélancolique pour les auteurs
du tube Alright.
Dès la longue introduction acoustique de Tales of endurance
(parts 4, 5 & 6), excellent morceau patchwork qui ouvre
ce nouvel album, l’auditeur est prévenu du changement
de cap entrepris par les Supergrass. En effet, avec ce titre,
les Supergrass mettent à mal leur savoir-faire d’orfèvres
pop, en déstructurant la fameuse formule : couplet /
refrain / couplet / refrain / pont qui tue / refrain, qui avait
pourtant fait leur gloire et leur fortune.
Quelques couplets plus loin Gaz Combes s’explique : "We
hail commercial suicide
Kiss the love you leave behind / And let it bother you / Well
you do what it takes to get what you can". Le ton est donné,
les Supergrass sont décidés à ne plus faire
de concession.
Aussi, bien que sans réel tube taillé pour marteler
les bandes FM, à l’image de l’élégant
St Petersbourg, le premier single, Road to Rouen comprend huit
excellentes chansons ainsi qu’un amusant "jingle
manouche" intitulé Coffee in the pot. Placé
au milieu de l’album, Coffee in the pot peut être
perçu par les fans "hardcore" du groupe, comme
une sorte de point de repère réconfortant qui
rappelle les singeries d’autrefois. Cette "pause
humoristique" apporte un peu de fraîcheur entre les
ambiances sombres du disque. Interrogé sur cette étrange
tristesse qui émane de ses nouvelles chansons, Gaz Combes
évoque le décès de sa mère qui l’a
profondément affecté ainsi que des difficultés
au sein du groupe.
Malgré cette tragédie et ces bouleversements,
Road to Rouen est composé d’excellentes chansons,
telles les splendides ballades St Petersbourg, Sad Girl et le
très lennonien Fin. Citons également les morceaux
plus musclés comme la chanson titre et Kick in the teeth
et son riff puissant dans lequel les Supergrass font se croiser
un son de guitare très Beatles avec la fougue des Kinks.
L’ensemble des titres bénéficie d’une
très belle prise de son ainsi que d’arrangements
limpides et élégants. Cette gracieuse production
fait penser à l’émotion dégagée
par Wait for the sun, magnifique Face B de la période
I should coco. Ressemblance évidente quand on sait que
cette chanson comme ce dernier album ont été produits
par les seuls Supergrass.
Ajoutons enfin que Gaz Combes n’a jamais aussi bien chanté…
Seuls regrets : la trop courte durée de Road to Rouen
et un titre d’album en forme d’affront pour tous
les fans havrais !